Il y a presque un an, Charles Consigny annonçait au Point (pour lequel il écrit par ailleurs des chroniques) qu'il rejoignait l'équipe de On n'est pas couché. "J'ai conscience qu'il ne sera pas facile de succéder à Yann Moix et j'espère de tout coeur former un bon duo avec Christine Angot qui est un écrivain de grand talent pour qui j'ai beaucoup de respect. Je suis très touché de la confiance que m'accordent Laurent Ruquier et Catherine Barma. Je vais tout faire tout pour être à la hauteur de ce magnifique défi."

PORTRAIT >> Catherine Barma, la femme de l'ombre de Ruquier

Au Parisien, le 2 juin, le jeune chroniqueur de 29 ans annonce finalement que son défi n'aura duré qu'une saison sur France 2, comme Audrey Pulvar ou de Vanessa Burggraf avant lui. "Je souhaite être avocat à 100 %. Comme il l'a annoncé, Laurent Ruquier prépare une nouvelle formule. Cette saison à On n'est pas couché m'a beaucoup intéressé et conforté aussi dans l'idée que le métier d'avocat est ma vocation", a-t-il indiqué, sous-entendant quelques divergences avec son binôme, la clivante Christine Angot. "C'était plutôt compliqué. Nous n'avions pas les mêmes idées, donc il y a parfois eu des étincelles, admet-il. Mais il m'a semblé qu'on a tout de même pu avoir une forme de complicité. Par ailleurs, j'ai adoré travailler avec la productrice Catherine Barma et ses équipes." Mais alors, que retenir de l'aventure télévisuelle de Charles Consigny ? Quelques polémiques et des opinions très tranchées.

Face au chanteur Kiddy Smile : "C'est presque plus facile de réussir quand on est noir et pédé"

Plutôt discret lors des trois premières émissions de la saison, Charles Consigny étonne, choque même, dès le quatrième épisode de ONPC. Face à lui, le chanteur Kiddy Smile, reçu en juin 2018 par Emmanuel Macron à l'Élysée, avec un tee-shirt sur lequel était inscrit "fils d'immigrés, noir et pédé" (c'est important pour la suite). C'est l'occasion pour le chroniqueur de donner son avis sur cette tenue [à 25 min dans la vidéo ci-dessous].

"Quand vous dites 'fils d'immigrés, noir et pédé', que c'est difficile d'être noir, d'être pédé, [...] je suis juste un petit peu plus circonspect, parce que je pense qu'en réalité les choses ont beaucoup changé ces derniers temps, notamment dans les domaines de la mode, de la musique, de la télé, des médias... Aujourd'hui en réalité, c'est presque plus facile de réussir quand on est fils d'immigrés, noir et pédé que quand on est fils de 'Français de souche' entre guillemets, blanc et hétérosexuel." Conjointement, Christine Angot et Kiddy Smile jugent ces propos "horribles." Accusé d'être le nouveau Éric Zemmour (lui aussi passé par ONPC) par le journaliste Jean-Michel Aphatie, Charles Consigny réplique sur Twitter.

Il dit être "sidéré" par la mauvaise foi de certains articles, et demande à Jean-Michel Aphatie "d'ouvrir les yeux." "Il n'y a vraiment plus que les journalistes officiels comme vous pour s'indigner de manière aussi ridicule", assène-t-il.

Face au communiste Ian Brossat : "Vous voulez qu'on soit tous pauvres"

Charles Consigny n'est pas communiste. C'est peu de le dire. On le comprend assez aisément en visionnant ce montage du Huffington Post, dans lequel on peut assister à une passe d'armes entre le chroniqueur et la tête de liste PCF des européennes, Ian Brossat.

Florilège :

  • "C'est intéressant en cette période d'extinction des espèces, je suis intéressé d'avoir un communiste sur ce plateau."
  • "On prend le pire de ce qu'il se fait ailleurs, la Californie, c'est là qu'est née la tendance végane, le mouvement MeToo..."
  • "Le fait que vous vous acharniez sur les quartiers dits bourgeois de la capitale, comme le 16e arrondissement, en y construisant des logements sociaux, puisque vous votre objectif, ce n'est pas que les gens s'enrichissent, vous voulez qu'on soit tous pauvres à égalité [...] vous ne savez qu'administrer la misère."
  • "En effet, vous êtes professeur, ce qui m'inquiète pour les générations à venir, mais heureusement, vous n'exercez pas."

Face à Muriel Robin : "Vous êtes arrogant !", lâche l'actrice

Ce samedi 21 octobre, le débat tourne autour de la GPA [gestation pour autrui] à laquelle a eu recours le journaliste Marc-Olivier Fogiel, invité de Laurent Ruquier, tout comme l'actrice Muriel Robin, venue défendre son téléfilm consacré à Jacqueline Sauvage.

Après près d'une heure de débat, le ton monte sensiblement. Charles Consigny s'interroge fermement sur ce procédé et remet en question l'ouvrage [Qu'est-ce qu'elle a ma famille ?] du journaliste. De quoi agacer Muriel Robin, qui vient prendre sa défense. "La manière dont vous vous adressez à Marco me déplaît fortement", lance-t-elle à celui qui juge la GPA "jamais éthique."

"Qu'est-ce que vous savez du corps d'une femme, si elle s'attache à un enfant ou pas. Vous en avez rencontrée ? Non ! Il [Marc-Olivier Fogiel] est allé sur le terrain. Il en sait plus que vous sur le sujet", s'agace Muriel Robin. "On ne peut pas tacler comme ça ! Vous nous fatiguez ! Vous êtes arrogant ! Vous êtes d'une arrogance !" Charles Consigny tient bon. "C'est honteux de réagir comme cela madame." Muriel Robin poursuit : "Je vous trouve grotesque !" 'Mais moi aussi", répond le chroniqueur de Laurent Ruquier. L'animateur lui reproche toutefois plusieurs fois de tomber "dans la caricature", ce que Charles Consigny dément.

Ne se sentant pas suffisamment écouté, le chroniqueur finit par menacer de quitter le plateau. "Partez, ça va me faire très plaisir ! Et peut-être pas qu'à moi ! Vous vous prenez pour qui ?", réagit l'actrice. "C'est encore moi qui décide", tranche son interlocuteur. Au Figaro, quelques jours plus tard, Charles Consigny juge tout ceci "puéril". "Certaines personnalités de l'entertainment font désormais de la politique mais elles n'en acceptent pas les règles. Elles considèrent que leurs émotions, leur cas personnel, leurs amitiés sont plus importants qu'une réflexion argumentée et fondée juridiquement comme c'était nécessaire avec la GPA."

Face à Christine Angot : "Laisse-moi terminer !", hurle l'écrivaine

La tension entre Charles Consigny et Christine Angot n'est pas un mystère. En janvier dernier, lorsque Bernard-Henri Lévy est invité sur le plateau de Laurent Ruquier, le téléspectateur peut en prendre, enfin, la mesure. Alors que la discussion se focalise sur les violences policières, avec Charles Consigny accusant BHL de représenter "une nouvelle noblesse par la fortune", Christine Angot s'agace de tels propos [à 43 minutes ci-dessous], semblant déplorer que les propos de son camarade frisent l'antisémitisme.

"Vous desservez la cause que vous défendez, admettons. N'empêche que là, actuellement, j'estime que, pour moi, soit prononcée sur un plateau l'idée qu'un homme juif se balade dans plusieurs pays étrangers..." "Mais ça va pas !", réagit immédiatement Charles Consigny. "Laisse-moi terminer", répond Christine Angot. "Oui mais je vois venir un truc qui me fait peur...", réplique le chroniqueur, avant d'être coupé. "Laisse-moi terminer", hurle sa camarade. "Moi aussi ça me fait peur ce que tu as dit ! Donc j'estime que ça, ce propos du cosmopolitisme qui est reproché... Voilà ! Ça, pour moi, ça dessert une émission de télévision."

Face à l'écolo Hugo Viel : "Greta Thunberg m'angoisse"

Ni communiste, ni écolo, Charles Consigny admet qu'il ne partira a priori pas en vacances avec Greta Thunberg, "cette jeune suédoise qui moi [l]'angoisse beaucoup et ne [le] fascine pas du tout" affirme-t-il.

Il ne comprend pas, par exemple, cette lubie de ne plus vouloir prendre l'avion et se dit "inquiet pour la civilisation". "Si la solution c'est de ne plus prendre l'avion, de se contraindre. Moi je vois bien là poindre derrière ce mouvement un vieux réflexe, une vieille tentation qui consiste à brider son voisin, à interdire à l'autre une part de son bonheur." Pire : ne plus se faire de cadeaux à Noël [à partir de 10 minutes ci-dessous].

"Vous avez vraiment envie d'échanger avec vos proches des objets que vous avez déjà, comme dans la famille de 'Greta Garbo' ?", s'indigne Consigny. Le militant écologiste Hugo Viel tente de comprendre ce point de vue. "Qu'est ce qui vous anime ? Qu'est-ce qui vous fait plaisir ?", l'interroge-t-il, alors que Charles Consigny est hilare. "J'ai l'impression d'être face à un militant de l'Église de scientologie."

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Après cette saison passée sur le plateau de Laurent Ruquier, Charles Consigny regrette, pour Le Parisien, "l'hystérie" des réseaux sociaux où des "fanatiques de la bien-pensance" guettaient, selon lui, "le dérapage". Mais il estime que cette année lui aura appris certaines clés précieuses pour son avenir. "L'émission m'a amené à m'intéresser à des sujets variés et permis de connaître en profondeur les ressorts du système médiatique, ses codes. Cet exercice me sera très utile pour les dossiers nécessitant une défense médiatique et pour l'exercice des plaidoiries qui impose de savoir capter l'attention et de ne pas perdre son sang-froid."