ÉTATS-UNIS

Joe Biden face à la crise migratoire

Le président est confronté à son premier test politique à haut risque : un afflux de migrants à la frontière mexicaine, le plus massif depuis vingt ans. Accusée par les républicains et certains démocrates d'avoir créé un "appel d'air" via son moratoire sur les expulsions de sans-papiers - suspendu par un juge fédéral -, l'administration Biden tente de rectifier le tir. Le ministre de la Sécurité intérieure a martelé le 21 mars que la frontière était "fermée". Le départ de Trump, qui unissait contre lui le camp démocrate, met ce dernier face à ses "contradictions internes" sur la question migratoire, souligne le New York Times.

ESPAGNE

L'euthanasie légalisée

202 députés sur 350 ont approuvé, le 18 mars, la loi autorisant l'euthanasie, rejoignant trois autres pays européens dans cette démarche. Elle sera réservée aux patients souffrant d'une "maladie grave et incurable", "capables et conscients" au moment de leur demande. La loi entrera en vigueur en juin, sauf si, comme au Portugal le 15 mars, elle est censurée par la Cour constitutionnelle. Le parti d'extrême droite Vox a annoncé un recours. "Ceux qui affirment que nos libertés sont entravées par les mesures anti-Covid sont les mêmes qui ne veulent pas de la liberté à vivre et mourir dignement " s'étonne le journaliste Jordi Evole dans les colonnes de La Vanguardia.

TANZANIE

Mort du président "covido-sceptique"

Officiellement, John Magufuli, 61 ans, a succombé le 17 mars à une maladie cardiaque. Mais de nombreuses rumeurs disaient le chef d'Etat, au pouvoir depuis 2015, atteint du Covid-19. Conformément à la Constitution, la vice-présidente Samia Suluhu Hassan le remplace. Elle est la première femme à occuper ce poste dans un pays marqué par le virage autoritaire de son prédécesseur, qui avait muselé l'opposition et claironnait, début février, que le virus avait été éradiqué. "La Tanzanie n'a publié aucune donnée sur le coronavirus depuis mai 2020 et son gouvernement a refusé d'acheter des vaccins, malgré les appels de l'Organisation mondiale de la santé", rappelle le site Africanews.

CONGO-BRAZZAVILLE

Une présidentielle sans suspense

"Les élections se suivent et se ressemblent au royaume Sassou", ironise le quotidien burkinabé L'observateur Paalga. Le 21 mars, 2,5 millions de Congolais étaient convoqués aux urnes pour une présidentielle "pliée d'avance" pour le sortant, Denis Sassou Nguesso, qui totalise trente-six ans au pouvoir. Les autorités ont coupé l'accès à internet la veille du vote et refusé d'accréditer les observateurs de l'Eglise catholique. Tout espoir d'opposition est désormais éteint, d'autant que son principal adversaire, Guy-Brice Parfait Kolelas, est mort du Covid-19 la nuit du scrutin.

JAPON

Des JO sans public étranger

Les organisateurs des Jeux olympiques de Tokyo 2020 l'assurent : la décision était "inévitable". Ils ont annoncé le 20 mars que la compétition se tiendrait, pour la première fois dans l'Histoire, sans spectateurs venus de l'étranger, afin de limiter les risques de transmission du Covid-19. Un "coup dur" pour l'esprit internationaliste des Jeux mais aussi pour l'économie japonaise, commente le Nikkei Asia. Le pays du Soleil-Levant a investi plus de 12 milliards de dollars pour accueillir les épreuves. "Les revenus des billets étaient estimés à 90 milliards de yens (830 millions de dollars)", rapporte le magazine.

UNION EUROPÉENNE

La guerre des vaccins n'est pas finie

Le ton monte entre Londres et Bruxelles. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a menacé, le 20 mars, de bloquer l'envoi vers le Royaume-Uni de doses du vaccin d'AstraZeneca produites sur le Vieux Continent tant que le laboratoire ne livrerait pas celles dues aux Vingt-Sept. "Nous n'avons rien reçu des Britanniques, alors que nous les fournissons" a-t-elle fait valoir. Mais l'idée de contrôles plus stricts des exportations par l'UE divise les Etats membres. "Des pays comme les Pays-Bas et la Belgique - tous deux producteurs de vaccins contre les coronavirus - s'inquiètent du risque de perturber les chaînes d'approvisionnement mondiales", note le Financial Times.

LIBAN

La spirale catastrophique de l'hyperinflation

La livre libanaise a atteint, le 16 mars, un nouveau record : un dollar valait 15 000 livres sur le marché noir, soit dix fois plus que son taux officiel. Le pouvoir d'achat n'en finit plus de s'effondrer alors que la moitié de la population vit déjà sous le seuil de pauvreté. La colère se manifeste quotidiennement dans la rue, et la pression étrangère monte face une classe politique incapable de s'accorder, depuis sept mois, sur un nouveau gouvernement. Le 22 mars, le Premier ministre désigné Saad Hariri a rencontré le président Michel Aoun. Un énième "retour à la case départ" déplore L'Orient-Le Jour, puisque ce rendez-vous, le dix-huitième depuis la nomination d'Hariri en octobre, n'a rien donné.