Il tient à conserver son anonymat. À 28 ans, cet ancien employé du MoDem et ex-assistant parlementaire du député européen Jean-Luc Bennhamias en 2011, est pourtant le témoin-clé de l'enquête ouverte à Paris sur les collaborateurs d'une vingtaine d'eurodéputés français.
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Le 7 juin dernier, il a, de sa propre initiative, transmis au parquet des éléments (contrat de travail, mails...) qui tendent à prouver que le MoDem a indûment fait supporter les salaires de certains assistants par le Parlement européen.
"Une manip' politique" pour Bayrou
"J'ai été embauché par le parti et n'ai jamais travaillé pour Jean-Luc Bennhamias. Quand j'ai appris qu'une enquête était ouverte, j'ai préféré prendre les devants sans attendre d'être convoqué par la police. Je ne voulais pas que ma bonne foi soit mise en cause", plaide-t-il.
Une version qui ne convainc pas l'entourage de l'ex-patron du MoDem, désormais garde des Sceaux, François Bayrou, qui dénonce "une manip' politique à la veille des législatives".
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"Hidalgo très loin de tout ça"
Ancien militant centriste parisien, chargé de la communication de François Bayrou pour la présidentielle de 2012, le jeune homme a en effet rallié les équipes de la candidate socialiste Anne Hidalgo lors des municipales de 2014.
Exclu du MoDem, il a alors été nommé à la tête du service de presse de la mairie de Paris, où il succédait à Gaspard Gantzer (parti diriger la communication du quai d'Orsay, puis celle de François Hollande à l'Elysée), avant d'intégrer le cabinet de la maire de Paris en août 2016 comme chargé de communication. "Sa démarche est personnelle et privée. Anne Hidalgo n'a jamais été consultée, elle est très loin de tout ça", affirme l'entourage de cette dernière.
