C'est un positionnement qui, auprès de certains, ne passe pas du tout. Lors de son déplacement au Liban, Marine Le Pen s'est exprimée au sujet du conflit syrien lors de ses échanges avec les dirigeants libanais. Face au Premier ministre Saad Hariri, elle a notamment réitéré sa conviction que le président syrien Bachar el-Assad était "la seule solution viable" contre l'organisation Etat islamique. Un propos qui, selon le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, dévoile le "vrai visage" de la candidate à l'élection présidentielle.

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"Je ne voulais pas laisser passer une telle incongruité, une telle irresponsabilité", a déclaré l'ancien Premier ministre sur FranceInfo ce mercredi. D'après le chef de la diplomatie française, Marine Le Pen "préfère soutenir un dictateur qui a la responsabilité de plus de 300 000 morts dans son pays" plutôt que les syriens déplacés par ce conflit. Ils représentent, selon Jean-Marc Ayrault, la moitié de la population syrienne. "Elle a tendance à l'oublier", martèle-t-il.

"Coup de communication"

Une autre personnalité socialiste, la député de Moselle Aurélie Filippetti, a critiqué le périple libanais de Marine Le Pen. Interrogée mardi sur BFMTV, l'ancien ministre de la Culture a d'abord dénoncé le "coup de communication" réalisé par la candidate lorsqu'elle a refusé de porter le voile pour rencontrer le Grand mufti du Liban.

Questionnant les raisons du déplacement de Marine Le Pen, Aurélie Filippetti a ensuite effectué un rapprochement avec ses sources de financement russes. "Il faudrait peut-être qu'on s'interroge sur ce qu'elle va y faire. Quand elle va à Moscou, on sait qu'elle va chercher de l'argent pour financer sa campagne électorale", a déclaré l'ex-ministre, en référence à un déplacement moscovite de mai 2015. Selon Le Canard enchaîné, le FN s'est vu accorder un prêt de 9 millions d'euros par une banque russe en 2014 et, plus tard, un autre de 28 millions d'euros.