On observe généralement, à l'issue de ces élections législatives, trois grands scénarios : les revers cinglants, les réélections tranquilles et parfois aussi, les brillantes premières victoires. Mais dans quelques (très) rares cas, il existe également des matchs particulièrement étriqués. Ainsi, certains candidats l'ont emporté dimanche avec une très courte avance, de quelques centaines, dizaines de voix, voire moins dans plusieurs circonscriptions. Un résultat si proche que certains duels pourraient se terminer devant le Conseil constitutionnel.
Des duels Nupes contre Ensemble ! très serrés
Selon un décompte de franceinfo, dans treize circonscriptions, les gagnants des élections législatives ont été élus avec moins de 100 voix, certains sur plusieurs dizaines de milliers d'électeurs. Près de la moitié concerne des duels entre la formation Ensemble !, de la majorité présidentielle, et la coalition de gauche, la Nupes.
Dans le sud du pays, seulement trois voix séparent la candidate élue d'Ensemble ! Monique Iborra de Fabien Jouvé de la Nupes dans la 6e circonscription de Haute-Garonne, sur plus de 50 000 votes exprimés. Même chose dans la 8e circonscription de Seine-et-Marne où le candidat de la Nupes Arnaud Bonnet a perdu à quatre voix près contre celui d'Ensemble ! Hadrien Ghomi.
Avec une dizaine de voix d'écart, d'autres candidats ont également été élus de justesse. C'est le cas de Cédric Villani, ex-LREM dans la 5e circonscription de l'Essonne. Le candidat qui s'était présenté sous bannière Nupes a perdu à 19 voix près face à Paul Midy de Ensemble !.
Des sièges loupés de peu pour le RN
Le candidat de la majorité présidentielle Anthony Brosse a gagné à 11 voix d'écart contre Valentin Manent, le candidat du Rassemblement national dans le Loiret. Le RN, qui a fait une percée électorale avec 89 sièges au total, a également été éliminé de justesse dans la 4e circonscription de la Sarthe face au candidat de la Nupes avec 88 voix de retard. Dans la 3e circonscription du Pas-de-Calais, le candidat de la Nupes Jean-Marc Tellier l'emporte avec 71 voix d'avance sur le candidat RN Brunot Clavet. Le parti présidentiel n'avait pas donné de consigne claire de vote en cas d'un tel duel.
En revanche, dans la 6e circonscription du Pas-de-Calais, la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, a perdu son siège à l'Assemblée ainsi que son poste au gouvernement, avec 56 voix en moins par rapport à son adversaire du Rassemblement national Christine Engrand. En tout, 52 circonscriptions se sont jouées à moins de 500 voix d'écart, affirme encore franceinfo, contre 29 en 2017.
Vers des recours devant le Conseil constitutionnel ?
Avec des résultats aussi serrés, les candidats vaincus, ou des électeurs peu convaincus, pourraient entamer des recours devant le Conseil constitutionnel afin de vérifier la validité de l'élection. Son rôle est notamment de "statuer, en cas de contestation, sur la régularité de l'élection des députés et des sénateurs", explique le site officiel. Le candidat du RN Valentin Manent a ainsi indiqué qu'il prendra une décision ce lundi concernant un éventuel recours, après avoir consulté son équipe de campagne, selon L'Hebd'O Orléans.
En effet, un candidat mais aussi n'importe quel électeur de la circonscription en question, peuvent contester le résultat d'une élection jusqu'à dix jours après la publication des résultats. "Pendant ces dix jours, les procès-verbaux des bureaux de vote restent à la disposition des personnes pouvant exercer le recours dans les bureaux de la préfecture", précise le Conseil constitutionnel.
Ainsi, pour les élections législatives de 2017, sur les 56 réclamations soumises à instruction contradictoire, le Conseil constitutionnel a annulé les opérations électorales dans huit circonscriptions, ce qui a conduit, par la suite, à l'organisation d'élections partielles.
