La Nupes ou Ensemble! en tête ? Officiellement, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, c'est bien la majorité présidentielle qui devance l'union des gauches avec 25,75 % des voix, contre 25,66 % au premier tour des élections législatives, dimanche 12 juin. Et ce, contrairement aux premières estimations livrées à 20h, le jour du scrutin, qui donnaient la Nupes légèrement en tête.

Ce résultat suscite une petite polémique. Le Monde publie ainsi des données différentes : 26,10 % pour la formation réunie par Jean-Luc Mélenchon, contre 25,81 % pour les candidats qui soutiennent Emmanuel Macron. Le directeur de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon et candidat de la Nupes dans les Bouches-du-Rhône, Manuel Bompard, dénonce quant à lui une "manipulation" du ministère de l'Intérieur.

Une différence d'étiquetage des candidats

Comment expliquer ce décalage ? L'union des différents et mouvements de gauche au sein de la Nouvelle union populaire, écologiste et sociale a semé des troubles dans l'étiquetage de certains candidats. Plusieurs personnalités du Parti socialiste ont ainsi refusé de se rassembler avec la France insoumise et sont donc devenues des dissidents. Certains candidats EELV ont pour leur part été considérés par le ministère comme appartenant à une nuance "écologistes" hors de la Nupes.

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Gérald Darmanin avait décidé "de ne pas regrouper, sous une nuance unique, les partis politiques ayant créé la coalition de La Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes)" issue de l'accord entre LFI, le PS, EELV et le PCF", a expliqué le Conseil d'Etat. Le ministre de l'Intérieur préférant des étiquettes "LFI", "COM", "ECO" ou "SOC" pour les candidats issus de LFI, du PCF, d'EELV ou du PS membres de l'alliance.

Mais, le 7 juin dernier, le Conseil d'Etat a enjoint le ministère à "comptabiliser la Nupes comme une nuance politique unique dans la présentation des résultats qui sera faite", pour les élections législatives. Il avait été saisi par La France insoumise, Europe Ecologie-Les Verts, Génération·s, Génération Ecologie, Les Nouveaux Démocrates, le Parti communiste français, le Parti socialiste et la Nupes.

Manuel Bompard en appelle au Conseil d'Etat

Le ministère de l'Intérieur avait alors annoncé prendre acte "de la décision du Conseil d'État sur le nuançage des candidats aux élections législatives" et assuré qu'il "procédera à la modification de la grille des nuances afin de créer la nuance Nupes". Toutefois, certains résultats sont aujourd'hui contestés. Le Monde explique par exemple qu'à La Réunion, plusieurs candidats de gauche, comme Jean-Hugues Ratenon (LFI) et Karine Lebon, n'ont pas été étiquetés sous la Nupes mais sous la nuance "DVG" pour "Divers gauche".

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Néanmoins, l'accord signé par les différentes nuances de gauche ne concernait que la France métropolitaine, et non les Territoires d'Outre-mer, comme on peut le vérifier sur la liste publiée par la formation politique, laissant le choix aux candidats de gauche de se présenter ou non avec la Nupes.

Ces chiffres du ministère ont vite été dénoncés par certains représentants de la formation de gauche. L'écologiste David Cormand a dénonce, sur franceinfo, un "calcul d'apothicaire". Présidente du groupe de La France Insoumise à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot a enfoncé le clou, supposant une tricherie. "C'est une manière artificielle d'avoir la macronie un peu plus haut." Un avis partagé par certains de ses confrères. "Alors que la Nupes réalise 6 101 968 voix (soit 26,8%), le ministère de l'intérieur ne lui attribue que 5 836 202 voix (soit 25,7%) pour faire apparaître artificiellement le parti de Macron en tête", s'est ainsi insurgé Manuel Bompard dans un tweet publié dans la nuit de dimanche à lundi. Il en appelle au Conseil d'Etat pour trancher.