Les frontières qui séparent les différents camps de la "droite hors les murs" sont de plus en plus friables. Et ceux qui soutiennent la candidature d'Eric Zemmour à la présidentielle entendent bien faire céder les dernières digues. Alors qu'un sondage Harris Interractive, publié ce mercredi, place le polémiste entre 17% et 18% d'intentions de vote, devant Marine Le Pen, les appels du pied des soutiens du polémiste à la droite identitaire, notamment les proches de Marion Maréchal, sont de plus en plus nombreux. Le 19 octobre, Eric Zemmour sera l'invité de l'association Les Eveilleurs d'espérance, au Palais des Congrès de Versailles, pour présenter son livre La France n'a pas dit son dernier mot. Marion Maréchal est également invitée à l'événement.
Née sous le quinquennat Hollande, pour protester contre le mariage pour tous, le mouvement versaillais pro-vie, lancée notamment par Pierre et Benoît Sevilla, devient rapidement proche de l'ancienne députée frontiste. Plusieurs de ses membres feront d'ailleurs partie de son cabinet officieux au cours de son mandat législatif. Le directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, Geoffroy Lejeune, sera également de la partie, et prononcera le discours introductif.
"Les proches de Marion Maréchal, et notamment l'ISSEP (ndlr : l'école de sciences politiques lancée par la nièce de Marine Le Pen) sont un véritable vivier de recrutement pour les équipes de Zemmour", commente un proche de la campagne du polémiste. Marion Maréchal elle-même, reconnaissant une proximité idéologique avec celui qui s'apprête à lancer sa candidature, assurait à L'Express qu'une partie de son entourage était séduite par les idées du polémiste et avait sollicité son aval pour faire campagne pour lui. "Je n'ai pas à leur interdire quelque engagement que ce soit !", soutenait celle qui s'est aujourd'hui officiellement retirée de la vie politique. Fin septembre, elle avait participé avec Eric Zemmour à un sommet commun, en Hongrie, sur la démographie. "Cette simple invitation, comme celle de Budapest, c'est symbolique", assure un membre des équipes d'Eric Zemmour. Un moyen pour les équipes zemmouristes de construire toujours plus de ponts avec les différentes sphères de la droite identitaire.
