Economie, femmes, Pétain... Marine Le Pen tente de se démarquer de son rival et putatif candidat à la présidentielle Eric Zemmour, qui la talonne, voire la dépasse dans les sondages, et la concurrence dans la course aux ralliements et aux parrainages. Eric Zemmour, qu'elle avait toujours considéré comme un allié, grignote son électorat et répète que jamais la candidate du RN à la présidentielle ne pourra être élue. Invitée des Matins présidentiels de Franceinfo, ce lundi, Marine Le Pen a tenté de se distinguer du polémiste.
Le Pen : "Zemmour n'est ni un adversaire ni un partenaire, c'est un concurrent"
Alors qu'Eric Zemmour s'est rendu samedi soir devant le Bataclan où il a critiqué François Hollande, Marine Le Pen a pris ses distances avec le quasi-candidat. "Il y a des lieux qui sont des lieux de souffrances et qui sont des lieux de martyrs, ce ne sont pas des lieux de polémiques", a-t-elle estimé sur Franceinfo. Pour la candidate du RN à la présidentielle, "le problème d'Eric Zemmour, c'est que c'est un polémiste, et en réalité il ne sait rien faire d'autre que de polémiquer". "C'est ce qui différencie un polémiste d'un homme d'Etat", a-t-elle fustigé. "Eric Zemmour vient dire les choses avec une forme de brutalité. Quand on parle fort et de façon brutale, on est parfois plus entendu que lorsqu'on parle de manière raisonnable", a-t-elle relevé.
Alors que Marine Le Pen et Eric Zemmour sont au coude-à-coude dans les sondages, la députée RN du Pas-de-Calais a précisé que le très probable futur candidat à la présidentielle "n'est ni un adversaire ni un partenaire" mais il est "un concurrent".
"Je n'ai pas entendu de sa part des propositions plus différentes que nous. Elles sont juste plus immatures car elles sont moins préparées que les nôtres", a-t-elle affirmé. "Je n'ai pas entendu une seule proposition précise qui apporte quelque chose, une proposition qui soit une plus-value dans le débat sur l'immigration et sur le fondamentalisme islamique", a-t-elle complété.
Castaner : "Il y a manifestement une extrême droitisation de LR"
Invité de l'émission Les 4 Vérités ce matin sur France 2, Christophe Castaner est revenu sur le débat entre les cinq prétendants Les Républicains (LR) à l'investiture pour la présidentielle, qui s'est tenu dimanche soir sur BFMTV et RMC. Pour le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, il y a "manifestement une extrême droitisation de LR". "Il est clair que chez LR et les responsables qui ont parlé dimanche, il y a un effet Zemmour. Ils font la course à l'échalote de l'idée la plus radicale possible", a-t-il déploré.
Pour l'ex-ministre de l'Intérieur, Les Républicains disent les mêmes choses depuis de nombreuses années. "Il y a une sorte de nostalgie et d'amnésie de leur part", a-t-il regretté, estimant par ailleurs que les candidats au Congrès LR ne "parlent pas aux Français" mais parlent "aux électeurs LR, et uniquement à ceux-là".
Pécresse : "On ne peut pas céder au chantage migratoire de Loukachenko"
Alors que l'UE est prête à appliquer de nouvelles sanctions contre la Biélorussie, après le premier contact à haut niveau entre Bruxelles et Minsk depuis le début de la crise migratoire à la frontière orientale de l'UE, Valérie Pécresse a estimé sur RMC et BFMTV qu'il ne fallait pas "céder au chantage migratoire de M. Loukachenko". "Quand un dictateur décide de vous mettre à genoux, de mettre l'Europe à genoux, c'est l'existence de l'Europe qui est en jeu, elle doit résister", a déclaré la candidate à l'investiture des Républicains pour la présidentielle. "Si vous avez un dictateur qui opprime son peuple, qui est sanctionné par l'Europe, il n'y a pas d'autre réponse que la fermeté et l'intransigeance" a ajouté la présidente de la région Ile-de-France.
La candidate propose "un droit d'asile à la frontière". "Si on est persécuté, on demande l'asile à la frontière, la demande est examinée dans les 15 jours et si on est débouté malheureusement il faut rentrer chez soi parce que ça veut dire qu'on n'est pas persécuté chez soi", a-t-elle expliqué.
Jadot : "La COP26 est incontestablement un échec"
Après deux semaines de négociations, les quelque 200 pays de la COP26 ont adopté samedi un accord pour accélérer la lutte contre le réchauffement de la planète, mais sans garantir de tenir l'objectif de le contenir à 1,5°C ni répondre aux demandes d'aide des pays pauvres. Sur France Inter, ce matin, Yannick Jadot a estimé que la COP26 est "incontestablement un échec". Selon le candidat écologiste à la présidentielle, il y a un "gouffre entre le résultat de cette conférence et l'objectif qui avait été décidé à Paris" lors de la précédente COP.
Pour le député européen EELV, "l'Europe n'a pas pesé dans cette négociation". "C'est la première fois que je vois l'UE afficher de telles divisions lors d'une conférence sur le climat", a-t-il noté, estimant que "malheureusement la France ne fait pas partie des bonnes élèves". "Pour défendre le nucléaire, le président Macron s'est allié au niveau européen avec la Pologne du charbon et avec tous les lobbys du gaz", a-t-il regretté. "C'est presque le nucléaire 'quoi qu'il en coûte', pour le climat et pour la facture énergétique des ménages".
