C'est à la fin du bal qu'on paie les musiciens. Au lendemain du second tour, il est l'heure, pour tous les partis, de se pencher sur les comptes. Le 24 juin, les comptes de campagne clôturés devront être déposés au Conseil constitutionnel. D'ici là, les mandataires financiers se replongent dans les factures et terminent de monter le dossier.

Chez Reconquête, selon nos informations, le coût total de la campagne est estimé aux alentours de 12 millions d'euros. Loin, donc, des 16 851 000 euros de plafond de dépenses fixés pour cette élection. "Nous avons respecté la doctrine que nous nous étions fixés, à savoir financer notre campagne sans emprunt", assure Gilbert Payet, en charge de la question. Les dons et les adhésions représenteraient ainsi plus de 6,5 millions d'euros, selon l'équipe de campagne.

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La question de la tournée littéraire a finalement été tranchée. Tous les meetings de la Croisée des chemins (du nom de la tournée d'Eric Zemmour), à partir de Nice, le 18 septembre, seront comptabilisés dans les comptes de campagne. Malgré les critiques internes sur l'exubérance de certains rassemblements et la peur des uns et des autres de ne pas rentrer dans les frais, on assure que le plafond est loin d'être atteint.

L'événement le plus coûteux de la campagne ? Celui du Trocadéro, le 27 mars, pour lequel la note s'élève à un million d'euros. Viennent ensuite son premier meeting, à Villepinte (presque moitié moins), le 5 décembre, et celui du Palais des Sports, qui a clôturé la campagne le 7 avril. En tout, assurent les équipes, le coût des rassemblements publics n'atteindrait que 4 millions d'euros.

Des CDD non renouvelés

"Nous sommes un parti jeune et très sain financièrement", revendiquent tous les cadres, au lendemain de l'élection présidentielle. Fort de plus de 120 000 adhérents, Reconquête, faute de score électoral à deux chiffres, a les caisses pleines. Pour autant, une réduction des effectifs est d'ores et déjà envisagée pour l'après législatives. "On va vers des élections décevantes, glisse un cadre. Il faudra donc envisager de réduire les dépenses."

Plusieurs contrats ont déjà pris fin, comme celui d'Antoine Diers, chargé des événements. Les différents CDD dont la mission ne portait que sur la campagne présidentielle ne seront donc pas renouvelés, comme ceux de Jonathan Nadler (en charge du programme), de Julien Madar (chargé des financements), ou de Bertrand de la Chesnais (directeur de campagne).

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D'autres, en revanche, devraient continuer de percevoir un salaire. Sarah Knafo, notamment, directrice stratégique de la campagne, percevait un salaire d'environ 6000 euros mensuels pour son activité, de même que Stanislas Rigault, chargé du mouvement jeune de Reconquête qui percevait, lui, environ 3000 euros. Eric Zemmour, en revanche, n'a jamais été rémunéré pour son activité au sein du parti, assurent les cadres. Idem pour Guillaume Peltier, Marion Maréchal, ou Nicolas Bay. "Aucun des salariés n'est élu ou ne l'a été par le passé", assure-t-on en interne.

Pas juridiquement membres du bureau exécutif

Une situation qui devrait évoluer, notamment avec la nouvelle structuration du parti. Il y a peu, Reconquête a dévoilé sa nouvelle organisation. Le bureau exécutif, organe décisionnaire, comprend désormais Eric Zemmour, Sarah Knafo, Guillaume Peltier, Marion Maréchal, Stanislas Rigault et Nicolas Bay. "Pour l'instant la question des salaires n'a pas encore été évoquée, mais elle le sera, assure un connaisseur de la question. Cela dépendra notamment de l'avenir de certains, s'ils sont élus ou pas..."

Par ailleurs, selon nos informations, si le bureau exécutif annoncé comprend les six personnalités précitées, les statuts de Reconquête, pour l'heure, ne permettent pas de valider juridiquement cette organisation. Ces derniers prévoient encore que le bureau exécutif se compose du président du mouvement, du trésorier, et "d'un à trois membres supplémentaires", nommés par le président. Juridiquement parlant, il ne peut se composer de plus de cinq personnes, selon les statuts du parti. "Il s'agit pour l'heure d'une organisation politique", tempère un cadre. Les questions salariales, quant à elles, devraient être réglées dans les prochaines semaines, en fonction des élections à venir.