L'alliance de la gauche autour de Jean-Luc Mélenchon va-t-elle réussir son pari d'arriver en tête du premier tour ? Les candidats et sympathisants de la coalition de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), qui scrutent les sondages avec intérêt, veulent croire à l'affirmative. Selon la dernière étude d'opinion publiée par notre partenaire Elabe, la formation réunissant la France insoumise, le Parti socialiste et les écologistes est au coude-à-coude avec le camp d'Emmanuel Macron, dans les intentions de vote du premier tour des élections législatives, prévu le dimanche 12 juin. La Nupes est créditée de 27,5%, légèrement en tête. Le regroupement des partis LREM, MoDem, Horizons et Agir talonne la gauche avec 27%.
Une légère avance qui s'explique en grande partie par le ralliement des électeurs ayant voté blanc, nul ou s'étant abstenu au premier tour de l'élection présidentielle. Ils sont 35% à se dire en mesure de voter pour la coalition portée par Jean-Luc Mélenchon quand ils sont seulement 5% à exprimer un projet comparable en faveur de la majorité sortante. Dans le reste de l'hémicycle, le Rassemblement national, dont la candidate Marine Le Pen a échoué au second tour de l'élection présidentielle, comme en 2017, se rapproche de 21,5% d'intentions de vote, un score proche de celui obtenu lors du premier tour de l'échéance élyséenne. Majoritaire au Sénat, le parti Les Républicains est crédité de 10% alors que le parti d'Eric Zemmour, Reconquête, pèserait 5% et Lutte ouvrière ou le NPA 2%. Un autre enseignement important se dégage du sondage d'Elabe. 47% des interrogés se disent tout à fait certain d'aller voter et 41% n'iront probablement, voire certainement pas voter. Ces deux chiffres renseignent sur le niveau d'abstention qui pourrait toucher les élections législatives.

Les formations emmenées respectivement par Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron se talonnent dans les sondages du premier tour des élections législatives.
© / Elabe
Une majorité en vue pour Emmanuel Macron
Si le premier tour semble accoucher d'un affrontement serré entre la gauche et Emmanuel Macron, le second semble bien plus à l'avantage du président. Selon la projection d'Elabe de la répartition des sièges construite à partir du rapport de force mesuré dans l'intention de vote, du résultat aux élections précédentes et de l'histoire politique de chacune des circonscriptions, la majorité reviendrait aux rangs de La République en Marche, du MoDem, d'Horizons et d'Agir. Elle serait même absolue puisque la majorité sortante obtiendrait 290 à 330 sièges, soit entre 20 à 60 députés en moins par rapport à 2017. La Nupes deviendrait la première force d'opposition en jouissant de 160 à 180 sièges.
Dans les rangs des Républicains, la douche qui se prépare devrait être froide. Le parti fondé par Nicolas Sarkozy pourrait perdre près de 100 députés et détenir entre 25 et 50 circonscriptions. Surtout, la droite de gouvernement pourrait détenir un groupe parlementaire moins fourni que le Rassemblement national, une première dans son histoire. La formation politique lepéniste devrait voir ses rangs être renfloués en comparaison à 2017. 35 à 65 sièges pourraient être emportées par Marine Le Pen et ses députés et ainsi gagner jusqu'à 57 fauteuils dans l'hémicycle.

Emmanuel Macron pourrait bénéficier à nouveau de la majorité à l'Assemblée nationale.
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Accueil partagé pour Elisabeth Borne à Matignon
36% des sondés jugent que la nomination d'Elisabeth Borne comme Première ministre, trente et un ans après Edith Cresson, est une bonne chose pour le pays. A l'inverse, 26% considèrent cette nomination comme une mauvaise nouvelle, dont la moitié trouve que c'est une très mauvaise chose. 38% disent ne pas avoir d'avis. Ils sont 44% dans les rangs mélenchonistes à déclarer que c'est une mauvaise décision, 39% chez Marine Le Pen et 5% des marcheurs désapprouvent le choix d'Emmanuel Macron.
Au-delà de la question portant sur la personne de l'ancienne ministre de l'Ecologie, près d'un Français sur deux (47%) souhaite que la Première ministre ait un rôle plus important que durant le premier quinquennat d'Emmanuel Macron. 38% appellent à une répartition des pouvoirs comparable à celle observée entre 2017 et 2022.
*Echantillon de 1 793 personnes représentatif des résidents de France métropolitaine âgés de 18 ans et plus, dont 1 668 inscrits sur les listes électorales. Interrogation par Internet du 16 au 18 mai 2022. La représentativité de l'échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région de résidence et catégorie d'agglomération. Pour les questions d'intention de vote, seules les personnes inscrites sur les listes électorales et ayant l'intention d'aller voter sont prises en compte. Pour les questions d'opinion, l'ensemble de l'échantillon est pris en compte. Marge d'erreur comprise entre 1,0 et 3,1 points de pourcentage.
