Anne Hidalgo, à la peine dans les sondages, s'est posée dimanche en garante d'une France "juste" et "réunie", face à la droite et à l'extrême droite, lors d'un meeting à Perpignan. La candidate du Parti socialiste, qui a proposé mercredi une primaire à ses concurrents de gauche face au risque d'un second tour monopolisé par la droite et l'extrême droite, l'a répété : "L'union, l'histoire le montre, c'est ce qui fait la gauche". "Sans union, il n'y a pas de destin pour la gauche, mais sans la gauche ce n'est plus la France, ce n'est plus la démocratie", a insisté la maire socialiste de Paris.

Yannick Jadot : "Le sujet des socialistes, c'est comment offrir une porte de sortie à Anne Hidalgo"

Son appel à une primaire, via le mouvement citoyen de la Primaire populaire, qui plaide depuis un an pour une candidature unique à gauche, a pour l'instant fait pschitt. Ce lundi matin sur France info, Yannick Jadot a encore opposé une fin de non-recevoir à la candidate du PS. "Pour les socialistes, le sujet c'est juste comment offrir une porte de sortie à Anne Hidalgo. Je leur dis : 'désolé, le sujet ce n'est pas de sauver le Parti socialiste, ce n'est pas de sauver Anne Hidalgo, mais c'est de sauver notre pays'", a expliqué le candidat EELV à la présidentielle, invité des Matins présidentiels.

Il a poursuivi : "Lors d'une réunion organisée au printemps avec tous les responsables politiques on avait travaillé pour faire un projet et un contrat de gouvernement, mais j'ai essuyé une fin de non-recevoir et d'Anne hidalgo et de Jean-Luc Mélenchon. Et maintenant, pour sauver une candidature en difficulté, pour sauver le Parti socialiste, on nous explique qu'il faut faire une énième primaire, on ne parle pas du fond". Pour Yannick Jadot, "le sujet n'est pas d'organiser une nouvelle primaire mais d'organiser le rassemblement", et "seuls les écologistes peuvent rassembler" selon lui. "Les socialistes ont la responsabilité de choisir entre le rassemblement ou la candidature socialiste quoi qu'il en coûte du rassemblement", a résumé le député européen, saluant en outre les convergences sur le programme entre les socialistes et les écologistes. "J'ai écouté Anne Hidalgo dimanche à Perpignan, je ne sais pas quelles sont nos différences maintenant", a-t-il déclaré, évoquant l'ISF climatique ou encore le vote à 16 ans.

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Interrogé sur le référendum en Nouvelle-Calédonie, après la victoire écrasante du non à l'indépendance lors du troisième et dernier référendum d'autodétermination dimanche, Yannick Jadot a jugé qu'il "aurait fallu repousser" ce référendum. "Il y a un enjeu absolument essentiel dans ce processus, qu'avait établi Michel Rocard : c'est la neutralité de l'Etat. Le président de la République est sorti de la neutralité de l'État, c'est une faute politique", a-t-il regretté, dénonçant par ailleurs "une instrumentalisation politique de la droite".

"Emmanuel Macron a abîmé un processus de deux décennies de pacification, d'organisation d'une relation avec la France", a estimé Yannick Jadot pour qui "ce référendum s'est déroulé dans les pires conditions car les indépendantistes, la moitié de l'île, n'a pas souhaité participer à ce scrutin". "Ce vote est légal mais pas légitime", a souligné le candidat écologiste.

Guillaume Larrivé : "J'appelle chacun dans la majorité à garder son sang-froid"

De son côté, le député LR de l'Yonne Guillaume Larrivé s'est dit "heureux" du choix des Néo-calédoniens de "rester à nos côtés". "Il est important que la France se pense comme une nation présente sur tous les continents", a-t-il estimé sur Public Sénat."Il y a bien sûr une expression dans l'abstention, elle existe, mais il y a aussi eu trois référendums qui ont confirmé le choix majoritaire des Néo-calédoniens de rester Français au sein de notre République", s'est-il réjoui.

"Bonne candidate pour Versailles", "dame du défaire", programme "fou"... la majorité, à l'image de Gérald Darmanin, a multiplié les piques contre Valérie Pécresse dimanche, au lendemain du premier discours de campagne de la candidate LR à la présidentielle, qui perce dans de récents sondages. "J'appelle chacun dans la majorité à garder son sang-froid. Le péché d'arrogance traduit de la part de certains responsables de la majorité beaucoup de fébrilité", a déclaré Guillaume Larrivé, regrettant que "l'aile socialiste de la majorité" soit "particulièrement agressive" à l'égard de Valérie Pécresse.

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Selon le député LR, qui a soutenu la présidente de la région Ile-de-France dès le premier tour du Congrès, "elle est au coeur de la droite française, une droite raisonnable et sérieuse". "Elle a une capacité à présenter un projet susceptible de rassembler une large majorité de Français", a-t-il estimé, évoquant "un projet positif pour réconcilier la France avec elle-même".

Jordan Bardella : "Valérie Pécresse est peut-être plus macroniste qu'Emmanuel Macron"

Sur Europe 1, Jordan Bardella, le président par intérim du Rassemblement national, a estimé que Valérie Pécresse était "peut-être plus macroniste qu'Emmanuel Macron". "Il n'y a pas une feuille de papier à cigarette qui distingue Emmanuel Macron de Valérie Pécresse", a-t-il complété. "Je l'ai entendu dire qu'elle souhaitait faire les réformes qu'Emmanuel Macron n'avait pas su faire. Je l'ai entendu dire dans son meeting à Brive : 'Il n'est que la pâle copie, je suis l'original'", a-t-il dit.

Bruno Le Maire : "Le taux du Livret A augmentera en janvier"

"Le taux du Livret A augmentera en janvier pour des millions de Français qui ont un compte", s'est engagé sur BFMTV et RMC le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, sans préciser de combien. Son ministère a ensuite précisé à l'AFP que l'augmentation du taux sera proposée par le gouvernement en janvier et interviendra le 1er février. "Je ne peux pas vous donner de chiffre : le gouverneur de la Banque de France fera une proposition", a expliqué le ministre.

En dépit d'un niveau de rémunération au plus bas à 0,5%, le Livret A, qui sert notamment à financer le logement social en France, est devenu un placement refuge pour les épargnants pendant la crise sanitaire qui a vu bondir son encours. Mais depuis le mois de mai, la collecte nette a connu un net ralentissement, tandis que la consommation a repris et que l'inflation s'est accélérée.

Bruno Le Maire a par ailleurs dit "penser que nous ferons mieux" que la précision gouvernementale d'une croissance de 6,25% pour 2021. "Cela prouve que les Français ont été capables de résister à la crise et de se relancer avec une force de caractère exceptionnelle". Interrogé sur un éventuel coup de pouce pour le Smic au 1er janvier, il a répondu que "nous sommes le seul pays développé où le Smic est indexé sur l'inflation".