Musicienne épanouie

Petite fille déjà, Anne Gravoin savait qu'elle serait musicienne. Si sa mère est professeur d'anglais, son père, lui, est violoniste. Un exemple qu'elle a voulu suivre mais à certaines conditions: "J'ai voulu faire comme papa mais pas en faisant le même métier, confie-t-elle au Parisien en 2012. Il était titulaire dans l'Orchestre philharmonique de Radio France. Il n'était pas vraiment heureux avec toujours les mêmes musiciens, le même chef. Moi, je voulais faire plein de choses. J'étais à la fois dingue de classique mais aussi de Steely Dan et d'Earth Wind & Fire".


Pari réussi puisqu'Anne Gravoin est aujourd'hui une violoniste accomplie qui partage son temps entre le classique et la variété. Elle prête son talent à Laurent Voulzy et Johnny Hallyday -qu'elle a accompagné en tournée avec un orchestre de 40 musiciens en 2012- mais aussi Marc Lavoine, Julien Clerc et Nolwenn Leroy. La musicienne a même collaboré avec Liza Minnelli, qu'elle décrit comme "humainement géniale" au Parisien. Elle organise également des opéras en plein air et d'autres événements grâce à la société qu'elle monte en 2003, Régie Orchestre.

Amoureuse

Anne Gravoin épouse Manuel Valls en juillet 2010, mais le couple se connaît depuis les années 1980, alors qu'il est étudiant en histoire à Tolbiac et elle, premier prix de violon du Conservatoire de Paris. L'histoire ne fonctionne pas immédiatement et ils devront attendre une vingtaine d'années avant de se retrouver. Quand ils se remettent en couple, chacun a des enfants d'une union précédente: Manuel Valls en a quatre et Anne Gravoin a une fille, Juliette, 22 ans aujourd'hui. En juin 2013, lorsqu'on lui fait remarquer que la présence d'une violoniste détone parmi les époux et épouses de personnalités politiques, elle lance au Parisien un sévère: "C'est sûr qu'une musicienne c'est un peu plus glamour que Mme Ayrault, prof d'allemand dans la banlieue de Nantes!" [Elle est en réalité professeur de français]. Le ton est donné.

Indépendante

Au moment de son mariage avec Manuel Valls, elle tient à garder son nom de jeune fille: "J'ai profité d'une loi qui venait de passer en 2010 pour garder mon nom; je ne suis donc pas Mme Valls, mais Manuel est mon grand amour", explique-t-elle à Paris Match en 2012. Si elle s'intéresse à la politique et semble d'ores et déjà comprendre les rouages de la communication, Anne Gravoin n'a nullement l'intention de faire des sacrifices. Déjà, en juin 2012, elle avoue au Parisien n'avoir aucune envie de vivre place Beauvau: "Je ne me verrais pas répéter en sous-sol alors que mon mari reçoit les services secrets au-dessus". Et lors de la passation de pouvoir entre Claude Guéant et Manuel Valls au ministère de l'Intérieur, Anne Gravoin a d'autres priorités: "Je travaillais, j'avais un concert avec Johnny".

Maintenant que son époux est Premier ministre, Anne Gravoin va-t-elle jouer le jeu de la compagne de politique souriante et présente? Pas sûr si l'on en croit ses propos au Parisien: "Serrer des mains à des gens qui me poussent pour approcher mon mari, ce serait ça mon quotidien?! Moi, je ne vis pas par procuration. Chacun a une vie, un coeur, un cerveau. Je suis indépendante. Je n'ai même jamais demandé un centime à mon mari". Prudente, elle soutient son mari en prenant garde de ne pas se mêler de la vie politique.

Anne Gravoin et son mari vivraient dans un appartement à Bastille, d'après le Figaro. Dans le portrait que le quotidien dresse d'elle, on apprend qu'elle aime les "dîners à la bonne franquette", où se retrouvent d'autres couples du monde de la politique tels que Michel Sapin ou Xavier Darcos et leurs compagnes. Et attention! Pas touche à l'homme qu'elle aime: "Anne garde totalement sa personnalité et ses activités, mais quand il s'agit de défendre Manuel, elle devient lionne", révèle Tristan Duval, producteur des Opéras en plein air, au Figaro. C'est encore elle qui le dit le mieux, à Paris Match: "Quoi qu'il arrive, je resterai à ma place. Mais, si je suis très gentille a priori, je suis aussi une main de fer dans un gant de velours".