Barack Obama a reconnu dimanche avoir "sous-estimé" l'impact qu'une campagne de piratage pouvait avoir dans les démocraties, deux jours après un rapport des services de renseignements américains sur l'ingérence de la Russie dans la campagne électorale.
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Dans une interview à la chaîne ABC, le président américain nie toutefois avoir sous-estimé son homologue russe Vladimir Poutine, accusé par les renseignements américains d'avoir orchestré une campagne d'attaques informatiques et de manipulation des médias destinée à favoriser l'élection de Donald Trump au détriment d'Hillary Clinton.
L'impact de la désinformation et des cyberattaques "sur nos sociétés ouvertes"
"Mais je pense avoir sous-estimé la manière dont, dans cette nouvelle ère d'information, il est possible pour la désinformation, les attaques informatiques et ce genre de choses d'avoir un impact sur nos sociétés ouvertes, pour s'insinuer dans nos pratiques démocratiques", a déclaré Barack Obama, estimant en outre que cette tendance s'accélérait. Barack Obama a sanctionné la Russie en expulsant 35 diplomates considérés comme des espions.
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Rappelant que dans plusieurs pays alliés des Etats-Unis, dont la France, des élections vont avoir lieu prochainement, il a appelé à la vigilance.
Selon un rapport publié vendredi par les services de renseignements américains, l'objectif de la campagne russe de désinformation et de piratages était de saper le processus démocratique américain, d'affaiblir une éventuelle présidence Clinton, et d'augmenter les chances de victoire du milliardaire populiste en dénigrant Hillary Clinton.
Le Kremlin fustige une "chasse aux sorcières"
Moscou a réagi ce lundi en dénonçant "l'amateurisme" des accusations de piratage lancées par les Etats-Unis. "Il s'agit d'accusations absolument infondées, d'un niveau d'amateur", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. "Ces accusations commencent à nous fatiguer", a-t-il ajouté, évoquant "une véritable chasse aux sorcières".
Le président américain élu Donald Trump a lui aussi utilisé cette expression, se plaignant d'une "chasse aux sorcières politique" destinée à l'affaiblir, à quelques jours de son investiture, le 20 janvier.
