La victoire de Benoit Hamon laisse un goût amer dans la bouche de certains socialistes, notamment les réformistes, qui représentent l'aile droite du PS incarnée par Manuel Valls, battu à la primaire à gauche. Nombre d'entre eux hésitent encore à soutenir formellement le député des Yvelines, qui incarne, lui, une frange plus à gauche du Parti socialiste. Une hésitation qui se ressent jusque dans les rangs du gouvernement qui, majoritairement soutenait Manuel Valls contre un Benoît Hamon très critique sur l'action gouvernementale.
Ce mardi matin, dans les colonnes du Parisien, Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat proche de l'ancien Premier ministre, distille quelques critiques envers Benoit Hamon, qui a certes "fait une bonne campagne" mais a surtout su "profiter du chamboule-tout actuel".
Des critiques sans réel soutien
"La candidature de Benoît Hamon est indiscutablement très clivante. A lui de faire des gestes. Veut-il être le candidat des socialistes ou être dans la concurrence à gauche de la gauche?", prévient-il. Avant d'asséner qu'il n'est pas "dans une logique présidentielle, mais de recomposition de la gauche de la gauche". Son verdict est alors sans appel: "cela ne mènera à rien".
Conséquence logique, selon lui: une partie des socialistes déçus par le résultat de l'élection, risque de se tourner vers la candidature d'Emmanuel Macron. Une réaction qui ne pose aucun problème au secrétaire d'Etat, proche de Manuel Valls, qui tonne: "On peut être socialiste et appeler à voter Macron. Quand les frondeurs ont frondé, ils n'ont pas demandé un droit de retrait !"
Un droit de retrait pour les réformistes?
L'expression "droit de retrait" employée fait allusion à une tribune publiée dans les colonnes du Monde, ce mardi. Deux députés, Christophe Caresche et Gilles Savary qui représentent le courant des Réformateurs au sein du PS, proche de Manuel Valls, estiment que le projet du candidat socialiste à la présidentielle relève d'une "gauche radicalisée". Et réclame donc le droit de ne pas prendre pas part à la campagne, sans être sanctionnés pour les futures législatives.
"Benoit Hamon a la responsabilité de rassembler la gauche et au-delà pour pouvoir gagner", prévient sur RTL la ministre de la Santé Marisol Touraine, qui fait preuve de prudence. Et refuse d'aller aussi loin que son collègue Jean-Marie Le Guen, sans condamner non plus les transfuges. "Il y a des socialistes autour d'Emmanuel Macron. Mais il n'y a pas que des socialistes [et] c'est cela qu'il faut clarifier. Ce qui compte, c'est qu'on se donne les moyens de battre le candidat de la droite et de l'extrême-droite".