Primaire à gauche, dernière ligne droite. Seulement une poignée de jours séparent désormais les sept candidats du premier débat télévisé, alors que depuis début décembre, aucun sondage sur les intentions de vote n'est venu éclairer le scrutin.

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Arrivés en ordre dispersé sur la ligne de départ, les candidats abordent ce mois de janvier crucial sans véritable baromètre pour jauger l'efficacité de leur campagne, ni réelles certitudes. Tour d'horizon des états-majors à J-10 du premier grand oral du 12 janvier.

Hamon ambitieux, Montebourg serein

"On est sur une bonne dynamique", insiste, auprès de L'Express, Alexis Bachelay, le porte-parole de Benoît Hamon, dont la proposition d'un revenu universel agite le débat à gauche. "Nous sommes attaqués et c'est bon signe. La phase d'installation de la candidature s'est bien passée et nos propositions commencent à infuser, à donner le tempo", se réjouit-on, ajoutant que le priorité du moment est de "répondre au maximum de sollicitations, notamment médiatiques".

Signe que l'heure est à l'optimisme, en plus des meetings de Pau, Nancy, Lyon et Marseille, la grande réunion publique prévue à Trappes -fief de Benoît Hamon- avant le premier tour n'a toujours pas été confirmée. "Afin de garder la possibilité de faire un dernier grand meeting au moment de l'entre-deux-tours", précise son entourage.

Dans le camp d'Arnaud Montebourg, entré en campagne fin août 2016, la même semaine que Benoît Hamon, on assure aborder ce début de mois de janvier avec "calme". Pas question de s'agiter dans tous les sens, fait valoir Christian Paul, le coordinateur de la campagne du champion du "made in France", auprès de L'Express: "Arnaud a déjà réalisé un tour de France complet et peut s'appuyer dessus. Contrairement à d'autres, on n'est pas obligé de mettre les bouchées doubles dans la dernière ligne droite."

Arnaud Montebourg (d) et Benoit Hamon, le 24 août 2014 à Frangy-en-Bresse

Arnaud Montebourg (d) et Benoit Hamon, le 24 août 2014 à Frangy-en-Bresse

© / afp.com/Jeff Pachoud

Les grands rendez-vous de janvier sont toutefois déjà planifiés et un gros meeting est déjà annoncé à Paris le 18 janvier, quelques jours avant le premier tour. "Il y aura également des déplacement en région au lendemain de chaque débat [prévus les 12, 15 et 19 janvier] pour rencontrer les électeurs et mesurer l'impact des débats et des propositions", précise l'équipe du candidat.

Ce mercredi, l'ancien ministre du Redressement productif présentera également à Paris une partie de son programme -déjà mis en ligne le 27 décembre-, que son équipe promet "sans précédent". "Tout s'articulera autour de la thématique de l'emploi et de la lutte contre le chômage. Nous sommes cohérents, nous ne somme pas dans l'improvisation", répète Christian Paul.

Valls et Peillon, le duel à distance

Un luxe que ne pourra pas s'offrir Vincent Peillon, candidat estampillé "tout sauf Valls", pour qui désormais chaque minute compte. Arrivé le dernier dans la course, l'ancien ministre de l'Education doit rattraper le déficit médiatique et le retard pris ces derniers mois sur ses concurrents. Pas évident après deux ans de retraite politique, surtout quand le programme se fait attendre.

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Un retard à l'allumage que le candidat espère combler en partie cette semaine. Vexé de ne pas pouvoir avoir "son" Emission politique sur France 2, Vincent Peillon et son équipe ont négocié un passage un Entretien politique de 28 minutes ce mardi. Le timing ne doit rien au hasard puisque le député européen présente dans la matinée son projet.

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Le même jour que le dévoilement officiel du programme d'un certain Manuel Valls, à peine sorti de sa mue de Premier ministre à candidat et avec qui le duel à distance s'annonce intense. Côté médias, l'ancien locataire de Matignon sera l'invité de L'Emission politique jeudi 5 janvier et devrait accélérer sa stratégie de saturation de l'espace médiatique dans les jours suivants avec un 20 heures -toujours en phase de négociations selon nos informations- et un passage dans l'émission de Laurent Ruquier On n'est pas couché, pendant la semaine cruciale des débats.

Exister médiatiquement pour Pinel, de Rugy et Bennahmias

Une surenchère médiatique bien éloignée des campagnes de Sylvia Pinel (Parti radical de gauche), François de Rugy (Parti écologiste), Jean-Luc Bennahmias (Union des démocrates et écologistes), tous les trois candidats au titre de représentants des mouvements coorganisateurs du scrutin de la Belle Alliance populaire.

"C'est dommage, tous ce qu'on a fait depuis mi-octobre est passé à la trappe", regrette-t-on dans l'équipe du député écolo de la 1re circonscription de la Loire-Atlantique qui avait pourtant dévoilé son programme mi-décembre. Malgré une quinzaine de déplacements depuis la mi-octobre, l'entourage de François de Rugy déplore le manque d'attention médiatique autour de la candidature et assure vouloir se concentrer sur la semaine des débats: "Il va falloir profiter de cet 'équilibre médiatique' au maximum. C'est vraiment la priorité", promet-on auprès de L'Express.

Idem chez la candidate radicale Sylvia Pinel, qui a longtemps hésité à se présenter et dont l'agenda ne devrait pas être bouleversé par l'imminence du premier tour. Pas de tour France express pour cette proche de Jean-Michel Baylet qui devrait se contenter d'un seul déplacement par semaine, avant son meeting de clôture de campagne prévu à Blagnac (Haute-Garonne) le 20 janvier.

Egalement contacté par L'Express, Jean-Luc Bennahmias explique ne pas avoir l'intention d'organiser un meeting avant le 22 janvier. "Pour quoi faire?", s'interroge l'ancien député européen. Il devrait dévoiler son programme dans la semaine ainsi qu'un organigramme de campagne composé d'une "centaine de noms, voire plus".