Qu'a-t-il bien pu se passer pour que la gauche en arrive là ? Quarante ans après l'entrée à l'Élysée de François Mitterrand, qui installa son camp dans le bipartisme français, celui-ci semble désormais incapable ne serait-ce qu'imaginer revenir au pouvoir. Les raisons ? Un manque criant d'idées de ses responsables politiques, alors que la galaxie des penseurs de gauche scintille encore, ainsi qu'un éloignement progressif avec les classes populaires qu'elle semble avoir définitivement perdues.

Et dans cette crise globale de la social-démocratie, la gauche française est loin d'être un cas isolé. Pourtant, au Portugal, en Espagne, au Danemark ou à Malte, parfois seule, parfois au sein de coalitions, la gauche séduit et convainc encore. Motif d'espoir, ou dernières lueurs du crépuscule ?

A la recherche de la gauche perdue

En l'espace de quarante ans, la gauche française est passée d'un double septennat à l'Élysée à un bloc divisé qui peinerait à se qualifier pour le second tour de l'élection présidentielle s'il était - par miracle - unifié. En proie à de multiples crises ; en mal d'idées, de résonance et d'électeurs, comment tout un pan de l'échiquier politique, installé par François Mitterrand comme force capable de gouverner, s'est-il autant délité ? Notre analyse est à retrouver ici.

Cazeneuve : "Jean-Luc Mélenchon doit être combattu"

Il veille à ne pas trop parler pour encore être entendu. L'ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve accorde à L'Express une interview de fond sur l'état de la gauche, son identité, son action passée, de Mitterrand à Hollande, ses valeurs, son avenir - qui passe par une clarification de ses rapports avec Jean-Luc Mélenchon. Un entretien à lire ici.

A Liévin, on a la nostalgie d'un avenir

A Lievin, ville ouvrière du Pas-de-Calais, on a longtemps voté socialiste, comme une évidence. "Ici tu es chez toi", écrivait-on au président Mitterrand. Et puis, quelque chose a changé. La gauche a lassé, déçu. Le grand soir n'a pas eu lieu, les fermetures d'usine ont continué. Les habitants les moins aisés ont commencé à regarder ailleurs, plus à droite. Aujourd'hui, le maire PS continue d'être réélu, mais aux scrutins nationaux, c'est Marine Le Pen qui vire en tête. Notre reportage.

Gauche : les derniers bastions européens

Et dans le reste de l'Union européenne, comment s'en sort-elle ? Marginalisée en France, la gauche ne gouverne seule que dans quatre États membres. Au Danemark, elle a acté son retour au pouvoir, en 2019, sur une ligne dure à l'encontre de l'immigration. Un positionnement impensable en Portugal et en Espagne, où la recette gagnante, jusqu'à présent, s'est avérée être une alliance avec l'extrême gauche... Notre article sur ces derniers bastions socialistes continentaux.

De nouveaux éclaireurs en ébullition

Le contraste est saisissant... D'un côté, une gauche "de gouvernement", empêtrée dans ses querelles d'ego et sa faiblesse programmatique, de l'autre, des intellos en pagaille qui cogitent et échangent sur le terrain pour repenser de manière radicale l'horizon de l'émancipation à l'aune d'un XXIe siècle déboussolé. Les seconds ont malgré tout un point commun avec les premiers : ils adorent se déchirer ! Notre article sur les nouveaux éclaireurs de la gauche.

Cette gauche devenue "non essentielle"

En 1981, après vingt-trois ans dans l'opposition, la gauche accède au pouvoir. "Nous avons gagné et maintenant les problèmes commencent ?", s'interroge alors, lucide, le candidat socialiste François Mitterrand, en apprenant sa victoire. Quarante ans plus tard, l'image du 10 mai 1981 est bien loin. Dans l'incapacité de se réinventer entre son aile gestionnaire et son aile utopiste, la gauche a cessé de faire rêver. Et ce n'est une bonne nouvelle pour personne. Notre édito.