Que serait la politique sans ses coups d'éclat, ses coups bas, ses coups tordus, ses coups fourrés... ? Parce que, comme dirait Edouard Philippe, "il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux", le service politique de L'Express propose de vous immerger dans les coulisses de cette année électorale grâce à un rendez-vous hebdomadaire, tous les jeudis, sur notre site Internet.
L'attachée de presse de Zemmour quitte le navire
Son départ s'est fait dans la discrétion, mais Isabelle Muller n'est plus de l'aventure Reconquête. Cette femme de l'ombre, élément indispensable du dispositif (elle était chargée des relations presse pendant la campagne), a souvent manifesté sa lassitude pendant la campagne. En cause, sa difficulté à imposer ses choix face à l'omniprésente Sarah Knafo, compagne et directrice de campagne du candidat. Les deux femmes se sont livrées une guerre d'influence pendant plusieurs semaines, une grosse dispute ayant éclaté au milieu de la campagne sur fond de désaccords stratégiques. "Sarah fait de grands sourires devant mais n'hésite pas à te déglingler auprès d'Eric par derrière", soupire un ami de l'attachée de presse historique de Philippe de Villiers et d'Eric Zemmour.
Attila et chouchou
Il y avait de l'ambiance au QG de La République en marche dimanche après-midi, quelques heures avant le verdict des urnes. Le porte-parole Gabriel Attal et le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie avaient réuni les macronistes qui iraient sur les plateaux pour rôder le discours de victoire et n'ont pas échappé aux petites moqueries de leurs collègues.
Plusieurs ministres se sont gentiment moqués d'Attal, le seul, dans le JDD du matin, à être considéré comme un futur promu - à l'Education nationale - dans le prochain gouvernement. Les mêmes, sans doute, qui glissent quelques vacheries sur le benjamin du gouvernement et sa capacité à se placer... Quelques minutes plus tard, alors que Denormandie est en plein briefing, le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti s'impatiente, s'agite, tape du pied..."Oh Julien, tu es l'Attila du brief ! Ah non mais vraiment, tu es par-fait !", balance le ministre de la Justice au peut-être futur Premier ministre. Chouchou à l'Education et Attila à Matignon, qui dit mieux ?
Cohabitation à l'Assemblée
Les Marcheurs ont été saisis d'une angoisse cette semaine à l'Assemblée : et si le prochain président de la commission des Finances était un Insoumis ? Le poste revient en effet de droit au groupe d'opposition le plus important. Et il donne des moyens et du pouvoir, y compris celui de convoquer les ministres... Comme l'actuel titulaire s'appelle Eric Woerth, ex-LR aujourd'hui rallié à Emmanuel Macron, c'est sûr que cela ferait du changement.
La proposition de Sarkozy à Borloo
Avant le scrutin présidentiel, Nicolas Sarkozy a proposé à Jean-Louis Borloo de venir avec lui voir Emmanuel Macron. L'ancien ministre, qui vient de publier L'Alarme, une réflexion pour répondre aux urgences du pays, a préféré décliner, tout en apportant son soutien au chef de l'Etat sortant trois jours avant le premier tour.
La love story de Mélenchon avec Philippe et Castex
Jean-Luc Mélenchon n'apprécie pas Emmanuel Macron, c'est peu de le dire. Et le désamour est autant idéologique que personnel... L'insoumis en chef préfère bien plus ses deux Premiers ministres, Edouard Philippe et Jean Castex. Le premier lui a dédicacé son livre racontant son expérience à Matignon, dont rêve Mélenchon. "Pour Jean-Luc, ces impressions et lignes claires sur ce que gouverner veut dire ! Affectueusement", a-t-il écrit. Castex, lui, l'appelait parfois, pour le féliciter, après d'ardentes prises de parole à l'Assemblée nationale. Et Mélenchon d'en remettre une couche sur Macron : "Eux, ils ont du talent ! C'est pas comme l'autre qui vendrait des frigos aux Lapons."
Philippe Vardon, candidat aux législatives sous l'étiquette RN ?
L'identitaire niçois, conseiller régional RN, n'est toujours pas parti chez Reconquête, malgré les bruits qui annonçaient son ralliement imminent. Il était même présent, au premier rang, lors du meeting de Marine Le Pen à Avignon le 14 avril. L'élu local est pourtant dans une position inconfortable : ses proches sont tous chez Eric Zemmour, et il travaille toujours pour son ami le député européen Nicolas Bay, ex-RN désormais vice-président exécutif de Reconquête !
Très impliqué à Nice et dans la région, ce bon connaisseur de la carte électorale n'a, semble-t-il, pas envie de laisser le champ libre à d'autres représentants du RN dans sa ville. Il est d'ailleurs candidat à l'investiture pour les législatives, comme en 2017, dans la troisième circonscription des Alpes-Maritimes. Reste à voir si le RN décidera de récompenser sa fidélité ou pas... Au risque, sinon, de provoquer son départ pour de bon.
