Le vote est lancé depuis jeudi matin 10 heures et le résultat sera connu dans la soirée ce dimanche. La primaire populaire, consultation citoyenne à laquelle près de 467 000 personnes se sont inscrites, désignera le candidat que ces participants soutiendront à la présidentielle, parmi sept personnalités de gauche dont plusieurs refusent d'avance de reconnaître le résultat de cette consultation.
Comment ça marche ?
La primaire populaire a un objectif simple : désigner un champion capable de réunir toute la gauche pour porter le fer à la présidentielle et pousser la porte du deuxième tour. Pour cela, cette initiative citoyenne a fini par sélectionner sept candidats, issus des différentes sensibilités de gauche : écologiste, socialiste et insoumis.
Le vote de la primaire, qui se déroule en ligne, sera clos ce dimanche à 17 heures, et le résultat rendu public vers 18h30. Seules les personnes inscrites à la primaire en amont peuvent voter. Le scrutin sera en un seul tour, au "jugement majoritaire", c'est-à-dire que les électeurs doivent évaluer et classer les candidats en répondant à cette question: "pour faire gagner l'écologie et la justice sociale à l'élection présidentielle, j'estime que chacune de ces personnalités serait...".
Le mode de scrutin pourrait réserver son lot de surprises. Les votants doivent classer les candidats avec les mentions suivantes : "Très bien", "Bien", "Assez bien", "Passable", "Insuffisant(e)". Et le candidat qui obtient la meilleure médiane remporte l'élection. Pour bénéficier du soutien de la Primaire populaire, le vainqueur devra ensuite signer un "contrat de rassemblement" et "inclure l'esprit du socle commun programmatique dans son programme".
Combien de personnes sont inscrites pour voter ?
Le chiffre de 467 000 inscrits à la Primaire populaire a été salué comme un vrai succès populaire, au regard des 22 000 militants de l'investiture socialiste, des 122 000 participants à la primaire écologiste, des près de 140 000 du congrès des Républicains, et des 272 000 parrainages militants de Jean-Luc Mélenchon.
Qui sont les candidats ?
L'ex-Garde des Sceaux de François Hollande, Christiane Taubira, apparaît comme la favorite du scrutin, et s'est présentée à la primaire de son plein gré, à l'inverse de ses trois principaux concurrents, l'insoumis Jean-Luc Mélenchon, l'écologiste Yannick Jadot et la socialiste Anne Hidalgo. Ils ont demandé, en vain, à ne pas être mêlé à cette affaire et refusent de se plier au résultat du vote. "Pour moi, la page de la primaire populaire est tournée depuis un moment", a répété le candidat écologiste samedi.
Outre ces quatre candidats, les électeurs ont aussi le choix entre le député européen Pierre Larrouturou et deux personnes de la société civile, Charlotte Marchandise et Anna Agueb-Porterie, présélectionnées comme les autres lors d'une première étape de parrainage en octobre.
Qui est le ou la favori(te) ?
Si Christiane Taubira est donnée favorite, une surprise n'est pas à exclure, y compris la victoire d'un candidat refusant de reconnaître le résultat, au risque d'ajouter encore à la confusion.
Pour Anne Hidalgo, qui estime que le scénario d'une victoire de Christiane Taubira est "un peu écrit d'avance", "il n'y en a qu'une qui reconnaît le processus, c'est elle, et donc elle se ralliera à elle-même".
Quelle est la particularité de cette primaire ?
Trois "malgré nous" font partie des candidats à la primaire. Que se passera-t-il si l'un d'eux est désigné vainqueur ? Un cas de figure qui n'est pas à écarter car les partis n'ont pas interdit à leurs militants d'y participer. Au contraire, plusieurs fédérations socialistes ont même appelé à voter et la numéro 2 du PS, Corinne Narassiguin, a indiqué qu'elle allait le faire.
Si le vainqueur devra encore ensuite signer un "contrat de rassemblement", ce prérequis paraît totalement illusoire pour les candidats réfractaires. Jean-Luc Mélenchon décrit la Primaire populaire comme "une farce", Yannick. Jadot comme une "machine à perdre", et Anne Hidalgo comme "une démarche qui ne crée aucune obligation". A défaut, la primaire ne soutiendra personne.
