A mesure que le premier tour approche, ce dimanche, l'ordre des candidats se stabilise. Pas de grand changement, en somme, par rapport à l'enquête d'opinion de la semaine passée. Emmanuel Macron, qui a tenu dimanche dernier à La Défense son seul grand meeting de campagne pour tenter de rééquilibrer son image, reste en tête des intentions de vote au premier tour (28%), en baisse d'un demi point, selon le dernier sondage Elabe pour L'Express et BFM TV, en partenariat avec SFR*. Il devance toujours Marine Le Pen (23%), mais l'écart avec la candidate du Rassemblement national (RN) se réduit. Celle-ci profite, comme ces dernières semaines, d'une dynamique positive (+1 en sept jours) et n'émarge désormais plus qu'à cinq points du président candidat. Elle bénéficierait notamment d'un soutien en hausse des abstentionnistes (25%, +6) et progresserait auprès des électeurs se positionnant politiquement très à droite.

Malgré un écart réduit, Emmanuel Macron continue de faire la course en tête au premier tour de l'élection présidentielle.
© / Sondage Elabe pour L'Express et BFM TV, en partenariat avec SFR.
Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, demeure en troisième position, avec un score stable (15,5%), en très légère hausse (+0,5). Derrière, ce trio figurent Eric Zemmour (Reconquête !) et Valérie Pécresse (Les Républicains), qui connaissent une fin de campagne compliquée. Tous deux, déjà distancés, poursuivent leur baisse. Le premier est crédité de 9% des intentions de vote au premier tour (-0,5), la seconde de 8% (-0,5). La tête de file LR n'aurait qu'un soutien partiel des électeurs de François Fillon en 2017, dont un quart se tournerait vers Emmanuel Macron et un peu moins d'un cinquième vers Eric Zemmour. Ce dernier perdrait, lui, de potentiels électeurs au profit de Marine Le Pen.

Les évolutions des intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle depuis le 11 janvier 2022.
© / Sondage Elabe pour L'Express et BFM TV, en partenariat avec SFR
Yannick Jadot, le candidat d'EELV, est donné à 5% (+0,5), Jean Lassalle à 3% (+0,5). Le communiste Fabien Roussel le suit de près avec 2,5% (-1) ; la socialiste Anne Hidalgo affiche 2%, (+0.5), tout comme Nicolas Dupont-Aignan (-0,5).

Les intentions de vote entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen se stabiliseraient au second tour de l'élection présidentielle 2022.
© / Sondage Elabe pour L'Express et BFM TV, en partenariat avec SFR.
Au second tour, prévu le 24 avril, les dynamiques se figent aussi. Dans le cas d'un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le président sortant devancerait toujours son adversaire (53% contre 47%), scores identiques par rapport à la semaine dernière. Il bénéficierait de bons reports de voix des électeurs de Yannick Jadot et, dans une moindre mesure, de Valérie Pécresse. Marine Le Pen irait en grande partie piocher auprès des électeurs d'Eric Zemmour, plus modestement auprès de ceux de Jean-Luc Mélenchon et de Valérie Pécresse.
Réformisme contre radicalité
Pour les sondés, les principales qualités attendues d'un président sont l'écoute des Français (54%), l'honnêteté (53%), la compétence (41%) et la capacité à gérer des crises (37%). Mais la méthode à employer pour diriger le pays laisse apparaître deux grands blocs : ceux en faveur du réformisme (50%) contre ceux préférant la radicalité (49%). Ce résultat, note l'institut, est plutôt stable depuis septembre dernier. Ainsi, les potentiels électeurs d'Emmanuel Macron (69%), de Valérie Pécresse (61%) et de Yannick Jadot (55%) estiment majoritairement qu'il faut faire évoluer la société de manière progressive. Au contraire, la majorité de ceux d'Eric Zemmour (76%), de Marine Le Pen (67%) et de Jean-Luc Mélenchon (55%) considère qu'il faut faire des changements radicaux des lois et de la société.
*Echantillon de 1 538 personnes représentatif des résidents de France métropolitaine âgés de 18 ans et plus, dont 1 423 inscrits sur les listes électorales. Interrogation par Internet du 4 au 5 avril 2022. La représentativité de l'échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge, catégorie socio-professionnelle, région de résidence et catégorie d'agglomération. Pour les questions d'intention de vote, seules les personnes inscrites sur les listes électorales et ayant l'intention d'aller voter sont prises en compte. Pour les questions d'opinion, l'ensemble de l'échantillon est pris en compte. Marge d'erreur comprise entre 1,1 et 3,1 points de pourcentage.
