L'enquête se poursuit. Les premières gardes à vue dans l'entourage de l'assaillant du commissariat de Rambouillet (Yvelines), Jamel G., doivent aider ce samedi les enquêteurs à dessiner le profil de cet homme, inconnu de la police et du renseignement, qui a tué à coups de couteau une fonctionnaire de police. La France, endeuillée à l'automne par trois attentats djihadistes en quelques semaines, a donc renoué vendredi avec le "terrorisme islamiste" auquel le président Emmanuel Macron a rappelé ne vouloir "rien céder". Ces dernières années, les forces de l'ordre ont été la cible de plusieurs attaques. Entre 2010 et 2020, dix-huit attaques terroristes ont spécifiquement eu lieu contre les forces de l'ordre ou de l'armée.
8 janvier 2015 : la mort de la policière à Montrouge
Au lendemain des attaques perpétrées par les frères Kouachi contre la rédaction de Charlie Hebdo, qui a coûté la vie à 12 personnes, dont deux policiers, le 8 janvier 2015, leur complice, Amédy Coulibaly, exécute une policière municipale à Montrouge (Hauts-de-Seine), Clarissa Jean-Philippe. Âgée de 26 ans, la jeune femme est touchée mortellement par une balle de kalachnikov dans le dos, dans une rue de Montrouge, le matin du 8 janvier 2015. Elle avait été appelée pour un banal accident de circulation et s'est retrouvée face au terroriste. Elle n'était pas armée et ne portait pas de gilet pare-balles.
Le lendemain, Amédy Coulibaly tue quatre personnes dans l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris, avant d'être abattu. Le terroriste dit avoir prêté allégeance à l'organisation de l'Etat islamique, avec sa compagne Hayat Boumediene. Délinquant multirécidiviste, Amedy Coulibaly passe de la petite délinquance à la grande criminalité puis se convertit à l'islam radical. La France entière est sous le choc.
13 juin 2016 : l'assassinat de Magnanville
Un coup de tonnerre dans le milieu de la police. Le policier Jean-Baptiste Salvaing, et sa compagne, Jessica Scheider, secrétaire au commissariat de Mantes-la-Jolie, sont assassinés à coups de couteau à Magnanville (Yvelines) à leur domicile le 13 juin 2016. L'auteur de cette attaque est Larossi Abballa, un islamiste radical se réclamant de l'Etat islamique.
L'homme âgé de 25 ans a été abattu lors de l'assaut du RAID. Le fils du couple, âgé de trois ans et demi, a été retrouvé indemne et en état de choc par la police. Il sera hospitalisé. Larossi Abballa avait réalisé une vidéo où il prêtait allégeance à l'Etat islamique. L'attentat a été revendiqué par l'EI. À l'époque, le chef d'Etat François Hollande réagit vivement. Il déclare que "c'est un acte incontestablement terroriste" ajoutant que "la France est confrontée à une menace terroriste de très grande importance".
20 avril 2017 : la mort de Xavier Jugelé à Paris
Le capitaine de police Xavier Jugelé est tué dans un attentat sur les Champs-Élysées, le 20 avril 2017, à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle. Karim Cheurfi, 39 ans, tire à la kalachnikov dans l'habitacle d'une fourgonnette de police stationnée sur les Champs-Élysées, tuant le capitaine de police, alors en mission de protection. Xavier Jugelé avait 37 ans lors de l'attaque.
Au cours de cet attentat, deux autres policiers et une passante sont blessés. Karim Cheurfi est abattu. L'homme est porteur d'une lettre d'allégeance à l'Etat islamique. Le groupe terroriste revendique l'attaque le soir même, mais se trompe en l'attribuant à un certain " Abu Yussef le Belge", rappelle le quotidien Le Monde.
23 mars 2018 : l'attaque dans l'Aude
Le djihadiste Radouane Lakdim braque une voiture, dans laquelle se trouvaient deux personnes. L'une a été tuée, l'autre gravement blessée. Puis, il attaque quatre CRS qui revenaient d'un jogging à Carcassonne (Aude). Il décide ensuite de se réfugier dans un supermarché (Super U) de Trèbes où se trouvent une cinquantaine de personnes. Dans cette supérette, il tue deux personnes et prend une cliente en otage.
Le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame lui demande de le prendre en échange comme otage. Le terroriste accepte et le tue d'un coup de couteau à la gorge, avant d'être abattu par les agents sur place. L'attaque est revendiquée par l'EI. En juin 2019, deux complices présumés sont mis en examen et écroués. Ils sont soupçonnés d'avoir aidé le terroriste Radouane Lakdim à se procurer des armes.
3 octobre 2019 : l'attentat de la préfecture de police de Paris
Le 3 octobre 2019, une attaque au couteau survient dans l'enceinte de la préfecture de police à Paris. Mickaël Harpon, un informaticien qui travaille à la direction du renseignement de la Préfecture de police tue trois policiers et un agent administratif. Deux autres personnes sont blessées parmi les employés de l'administration. Mickael Harpon est ensuite abattu.
Les enquêteurs confirment la piste terroriste. Décrit comme fragile psychologiquement, il s'était radicalisé et avait effectué une recherche internet "tuer les mécréants" une heure avant l'attaque. Des vidéos de propagande djihadistes, notamment des images de décapitation, avaient déjà été retrouvées sur des clés USB. Il est décrit par ses collègues comme un homme "introverti, fragile, souffrant d'un complexe d'infériorité".
27 avril 2020 : des policiers percutés à Colombes
Au volant d'une BMW, Youssef.T heurte deux motards de la police nationale qui contrôlaient une voiture à Colombes (Hauts-de-Seine). Les deux membres des forces de l'ordre ont été grièvement blessés aux jambes et un policier municipal a été plus légèrement blessé. Les deux motards sont hospitalisés. À l'époque, on apprend que ce Français de 29 ans, animé par une idéologie anti-occidentale et ayant fait allégeance au groupe État islamique (EI), assume "totalement son acte", qu'il aurait commis seul.
Il avait d'ailleurs laissé un mot dans l'habitacle de son véhicule indiquant vouloir se lancer "à corps perdu dans la bataille pour imposer la charia sur l'ensemble de la terre". L'homme n'était "pas fiché S" pour radicalisation, selon le parquet antiterroriste.
