Le choix est symbolique. Les étudiants de "l'Issep", l'école de l'ancienne députée FN Marion Maréchal, ont pris pour parrain un général héros des deux guerres mondiales mais notoirement antisémite : Georges Loustaunau-Lacau. Un nom que l'Ecole militaire de Saint-Cyr avait aussi choisi pour sa promotion 2016-2019, mais que l'armée avait ensuite refusé en novembre.
Pour justifier ce choix, les étudiants en magistère 1 de l'Issep se sont exprimés dans l'hebdomadaire Valeurs Actuelles. Ils affirment notamment avoir pris en compte "la flamme de la Résistance [qui] ne [peut] s'éteindre", "l'honneur de ce général et de tous les résistants de 1940".
Une histoire de "contexte"
Georges Loustaunau-Lacau, "saint-cyrien, héros des deux guerres mondiales, résistant, déporté à Mauthausen et député à l'Assemblée nationale dans les années 1950", selon l'armée, avait animé en 1938 une maison d'édition nationaliste, La Spirale. Elle avait publié deux revues dans lesquelles ont paru de nombreux articles anticommunistes, anti-allemands et antisémites. L'officier a lui-même écrit au moins un article en 1938 dans lequel il met en doute la loyauté des Français juifs, explique l'armée de Terre.
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La décision de l'armée de refuser son nom pour une promotion de Saint-Cyr "jette l'opprobre sur une des plus hautes figures de la Résistance française et la condamne à l'oubli", dénoncent les étudiants de l'école lyonnaise. "L'acte d'accusation est une lettre à l'authenticité douteuse, exhumée, paraît-il, des archives de l'armée allemande et dont l'exploitation s'est affranchie de tout contexte", estiment-ils, faisant valoir qu'en 1940 d'anciens militaires "intoxiquaient les Allemands" et que le général avait pris, après la guerre, sa "distance" avec "l'antijudaïsme" des années 30.
Les étudiants en formation continue de l'école, qui ne délivre pas de diplômes reconnus, ont pour leur part choisi un parrain bien moins controversé : l'écrivain et aviateur Antoine de Saint-Exupéry.
