Vladimir Poutine : le mentor
Malgré les atrocités dont le président russe se rend coupable en Ukraine, Marine Le Pen n'a jamais remis en cause son projet "d'alliance" avec la Russie, partant du principe que "la sécurité européenne ne peut exister sans elle". En 2011, cette russophile décomplexée avouait même une "forme d'admiration" pour le chef du Kremlin. Comment imaginer que la candidate d'extrême droite, si elle est élue, garde ses distances avec son mentor, alors même que son parti a emprunté de l'argent à une banque russe ?
Viktor Orban : l'inspirateur
Avec sa quatrième victoire d'affilée aux élections législatives, le 3 avril, le Premier ministre hongrois a conforté son statut de chef de file du populisme européen. Proche de Moscou, il s'oppose à l'embargo sur les hydrocarbures russes, tout comme Marine Le Pen. Mettant en scène, dès qu'elle le peut, sa proximité avec le leader hongrois, la candidate du RN s'inspire beaucoup du chantre de "l'illibéralisme", que ce soit dans son projet de réforme du droit d'asile ou d'un recours accru au référendum.
Matteo Salvini : l'ami fidèle
En 2014, Marine Le Pen avait invité le sénateur et chef de la Ligue au congrès du Front national, à Lyon. Depuis, les deux leaders politiques se vouent une amitié indéfectible. Alliés dans le groupe européen "Identité et démocratie", la candidate d'extrême droite et son "cousin italien" sont tous deux parvenus à "dédiaboliser" leur parti. Pour Salvini, une victoire de Marine Le Pen serait précieuse. Elle lui donnerait une forte impulsion, alors que des élections législatives doivent se tenir l'année prochaine en Italie.

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© / Dario Ingiusto / L'Express
Geert Wilders : l'alter ego batave
"Fantastique ! Félicitations Marine pour ce magnifique résultat !", a tweeté, au soir du premier tour, le dirigeant néerlandais du Parti pour la liberté, y ajoutant une émoticône coeur. Leurs points communs : le rejet de Maastricht et de Schengen. En revanche, Wilders multiplie depuis des années des outrances à l'égard de l'islam, dont Marine Le Pen se garde. Ainsi, il n'a pas hésité à présenter le Coran comme un "Mein Kampf islamique".
Mateusz Morawiecki : l'allié polonais
Premier dirigeant européen à s'être affiché avec Marine Le Pen, à l'automne, le chef du gouvernement polonais l'a revu depuis, et pour cause : la candidate d'extrême droite le soutient dans son bras de fer avec Bruxelles sur ses réformes contestées de la justice. Les accointances russes de la Française freineront-elles leur rapprochement ? Morawiecki s'est gardé de les évoquer, attaquant a contrario Emmanuel Macron, à quelques jours du premier tour, pour ses échanges réguliers avec Poutine : "Personne n'a négocié avec Hitler."
Santiago Abascal : le cousin espagnol
Chef du parti espagnol d'extrême droite Vox depuis 2013, Santiago Abascal, 46 ans, a reçu Marine Le Pen à Madrid le 29 janvier, lors d'une grand-messe de l'extrême droite européenne. S'il arrivait au pouvoir, ce nostalgique de la dictature franquiste expulserait tous les immigrés illégaux et remodèlerait lui aussi la Constitution à sa guise. Objectif : supprimer l'organisation du pays en régions autonomes (et interdire les indépendantismes basque et catalan). Régulièrement, ce leader populiste fustige les défenseurs des droits des femmes et de l'environnement, considérant que le réchauffement climatique est "une escroquerie".
