Drôle de confidences. Bernard Cazeneuve aurait confié à l'hebdomadaire Challenges qu'il n'a "aucunement l'intention de déserter le front de Matignon, au cas où Marine Le Pen emporterait la présidentielle". "Ce scénario n'a jamais été évoqué par le Premier ministre", répond à L'Express l'entourage du chef du gouvernement.

Si elle est infirmée par Matignon, l'hypothèse n'est pas, en théorie, totalement exclue. Selon l'article 8 de la Constitution en effet, "le président de la République nomme le Premier ministre". Mais contrairement à une idée répandue, il n'a pas de pouvoir de révocation. Le texte constitutionnel précise que le chef de l'Etat "met fin à ses fonctions sur la présentation par celui-ci de la démission du gouvernement". Le gouvernement n'est en réalité responsable que devant l'Assemblée nationale qui peut voter la censure. Un maintien du Premier ministre jusqu'aux législatives des 11 et 18 juin et la mise ne place d'une nouvelle Assemblée serait donc possible en théorie.

Un scénario inédit

En pratique, un tel scénario ne s'est jamais produit dans l'Histoire de la Ve République. Le site vie-publique.fr rappelle que "le Gouvernement prend d'abord fin, traditionnellement, au lendemain d'élections législatives, (...) ou présidentielle. On parle alors de démission de courtoisie". Une courtoisie républicaine que Bernard Cazeneuve pourrait donc ne pas avoir pour une candidate qui, en cas de victoire selon lui, provoquerait des "dégâts irréparables".