Que serait la politique sans ses coups d'éclat, ses coups bas, ses coups tordus, ses coups fourrés... ? Parce que, comme dirait Edouard Philippe, "il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux", le service politique de L'Express propose de vous immerger dans les coulisses de cette année électorale grâce à un rendez-vous hebdomadaire, tous les jeudis, sur notre site Internet.
Ferrand et son "licenciement"
"J'ai été licencié par le peuple français" : Richard Ferrand a gardé le sens de la formule tranchante, même pour commenter son propre sort. Et c'est pour cette raison que l'ancien président de l'Assemblée nationale a indiqué à Emmanuel Macron qu'il n'avait aucune raison valable de devenir conseiller à l'Elysée.
Récompensée pour avoir dit non à Philippe
Caroline Cayeux est devenue ministre chargée des Collectivités territoriales à l'occasion du dernier remaniement. Une belle récompense pour la maire de Beauvais, qui est aussi présidente de l'association Villes de France. Une récompense aussi pour avoir accepté de ne pas intégrer Horizons, le mouvement d'Edouard Philippe : elle avait en effet été bombardée de messages des macronistes cherchant à la dissuader de rejoindre l'ex-Premier ministre.
Le RN, l'IVG et la sodomie
La proposition de loi d'Aurore Bergé de constitutionnaliser le droit à l'avortement n'en finit pas de gêner les députés du nouveau groupe RN, confrontés aux déclarations anti-IVG d'une partie des troupes de Marine Le Pen. Des parlementaires pensent avoir trouvé la parade : arguer qu'il n'est pas nécessaire d'importer en France un problème strictement américain (l'accès à l'IVG n'est plus garanti par la Cour Suprême des Etats-Unis depuis la fin juin et par conséquent désormais interdit dans de nombreux Etats). "Le Texas envisage de pénaliser la sodomie ! On ne va pas la constitutionnaliser, non ?", tente un député influent du RN. Avant d'ajouter, mal à l'aise : "Enfin, ça, vous ne l'écrivez pas". Oups.
Les textos de Marion Maréchal
Être en congé maternité n'empêche pas d'envoyer quelques cartes postales. Marion Maréchal, qui a accouché le 10 juin d'une petite fille nommée Clotilde, s'est fendue de quelques SMS à certains nouveaux parlementaires du Rassemblement national. "Tu feras un bon député", a-t-elle glissé à l'un d'entre eux. A un autre, elle avait envoyé ses encouragements, juste avant le vote du second tour des législatives. Selon un proche de Marine Le Pen, en revanche, rien à la présidente du RN, pour la féliciter du score historique de son mouvement. La rupture entre la nièce, partie chez Eric Zemmour, et la tante, à la tête d'un groupe de 89 députés, est profonde. Mais chez les Le Pen, rien ne dure éternellement...
Série de couacs à la Nupes
Le groupe commun voulu par Mélenchon, la candidature surprise de Sandrine Rousseau à la vice-présidence de l'Assemblée... Au sein de la Nupes, les petits couacs s'amoncellent au point d'en agacer plus d'un. Dernier épisode en date : la motion de censure proposée unilatéralement par les Insoumis. Lors d'une réunion à huis clos mardi entre les présidents de groupe socialistes, insoumis et écologistes, Boris Vallaud (PS) a recadré ses camarades : "On ne peut plus être mis devant le fait accompli en apprenant sur Twitter ou dans les médias de telles choses." Un message approuvé par les écologistes et les communistes. Et les Insoumis ?
La motion WhatsApp
La motion de censure - pardon, "de défiance" comme ont voulu l'appeler les socialistes et les communistes - rédigée par les Insoumis a été retravaillée et soumise aux partenaires mardi soir, tard, sur la boucle WhatsApp de l'intergroupe. "C'était brouillon", raconte un député de gauche qui a vu Jérôme Guedj pianoter 20 minutes durant pour reformuler le texte, sans les fautes et les tournures un peu trop brutales. Les motions de censure, l'ancien frondeur du quinquennat Hollande connaît bien.