Que serait la politique sans ses coups d'éclat, ses coups bas, ses coups tordus, ses coups fourrés... ? Parce que, comme dirait Edouard Philippe, "il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux", le service politique de L'Express propose de vous immerger dans les coulisses de cette année électorale grâce à un rendez-vous hebdomadaire, tous les jeudis, sur notre site Internet.

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Remaniement : Kohler freine

Lundi, lors d'une réunion à l'Elysée, le secrétaire général Alexis Kohler a été obligé de calmer le jeu, alors que l'impatience gagne les couloirs du pouvoir. "Le président rentre vendredi, il ne faut pas croire que le remaniement arrivera le jour même", a-t-il averti. Un ministre prévient : "Il serait temps de réembrayer, on a vraiment besoin de démarrer ce quinquennat."

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Dupont-Aignan - Le Pen : opération rabibochage

Les deux ex-alliés se sont vus, mardi 28 juin, à l'Assemblée nationale. Quelques minutes sur un banc, pour évoquer leur collaboration future. "Je lui ai dit que j'étais tout à fait prêt à travailler avec elle", jure le président de Debout la France, réélu député de l'Essonne, qui a pourtant des relations très compliquées avec la cheffe de file RN depuis qu'une large partie de ses troupes a préféré la rejoindre, en décembre 2020. "On a fait un point sur le passé, l'avenir, je lui ai expliqué pourquoi je n'adhérais pas au groupe RN, mais en précisant que ça n'empêche pas de travailler ensemble de manière intelligente...", détaille le solitaire, qu'on n'avait pas entendu aussi positif depuis 2017. "On s'est reparlé pour essayer d'enterrer la hache de guerre", confirme Jean-Philippe Tanguy, ex-bras droit de Dupont-Aignan. Preuve qu'en politique, aucune fâcherie n'est jamais éternelle...

Il faut sauver le soldat Mignola

L'ancien député et président du groupe MoDem à l'Assemblée Patrick Mignola a été battu aux élections législatives dans sa Savoie natale, un léger choc pour ses camarades centristes. Heureusement, le chef est là pour veiller sur son soldat : selon plusieurs cadres, François Bayrou devrait rapidement trouver un poste salarié au MoDem pour le dirigeant qui n'a quasiment vécu que de la politique durant sa vie. "On va lui trouver quelque chose, on ne peut pas le laisser en plan comme ça", souffle-t-on dans les rangs du parti. Il se dit même qu'Emmanuel Macron pourrait trouver une porte de sortie au dirigeant pour ses bons - et presque - loyaux services durant le premier quinquennat.

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Wauquiez en embuscade

Aucun ténor de la droite ne siège à l'Assemblée, qui va pourtant particulièrement devenir un lieu de pouvoir. Mais Laurent Wauquiez, à défaut d'avoir anticipé la situation, avait prévu un rebond éventuel : en étant le suppléant d'Isabelle Valentin, élue de la 1ère circonscription de Haute-Loire, il se réserve la possibilité de devenir député. Il suffirait que Valentin, conseillère régionale, devienne vice-présidente de la région Rhône-Alpes-Auvergne, présidée par... Laurent Wauquiez (elle ne pourrait alors pas cumuler). "En revanche, le président du groupe LR est élu pour cinq ans, déloger Olivier Marleix ne serait pas simple", souligne un cadre de droite.

Pannier-Runacher : "Et moi, je suis devenue de droite pendant la nuit ?"

Résumé de la longue séquence électorale par Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique : "La grande victoire de Jean-Luc Mélenchon, c'est d'avoir réussi à faire croire qu'il était la gauche à lui tout seul. Et moi alors ? Je suis devenue de droite pendant la nuit ? " Difficile de mieux dire que l'aile gauche de la Macronie n'arrive toujours pas à se faire entendre...