Pas de barrage à l'extrême droite chez les électeurs de la France insoumise (LFI). Le vote blanc ou nul est arrivé en tête, avec 37,65% des 215 292 voix exprimées, lors de la consultation qu'a réalisée Jean-Luc Mélenchon auprès de ses soutiens en vue du second tour de la présidentielle, a annoncé ce dimanche 17 avril son site officiel.

Le vote en faveur d'Emmanuel Macron est donné à 33,4% des voix, devant l'abstention avec près de 29%. Que ce soit via un vote blanc ou l'abstention, les deux tiers ont ainsi opté pour ne pas voter en faveur du président de la République sortant.

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Le vote en faveur de Marine Le Pen n'était pas proposé, en vertu de la consigne donnée par le candidat LFI au soir du premier tour, le 10 avril : "Vous ne devez pas donner une voix à Madame Le Pen". Il n'avait pas non plus appelé à mettre le bulletin "Macron" dans l'urne pour le vote du second tour, le dimanche 24 avril.

"Pas une consigne de vote"

L'annonce des résultats sur le site melenchon2022.fr est précédée de la précision suivante : "Le résultat de cette consultation n'est pas une consigne donnée à qui que ce soit. Il indique quelles sont les appréciations des 215 292 personnes qui y ont participé. Chacun conclura et votera en conscience, comme il l'entend."

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Le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale Christophe Castaner s'est dit ce dimanche, sur BFMTV, "pas étonné" par ce résultat, tout en soulignant que cela ne représentait qu'"une petite partie de l'électorat" de Jean-Luc Mélenchon au premier tour (près de 22% des voix). Il s'est adressé à cet électorat : "Ne pas choisir, c'est accepter de jouer à la roulette russe."

L'ancien ministre de l'Intérieur a taclé : "Je préfère lire les tribunes des leaders CGT et CFDT qui disent qu'il faut voter pour Emmanuel Macron. LFI fait un autre choix, peut-être qu'ils sont déjà dans le coup d'après, les élections législatives" de juin.

Finalistes "pas équivalents"

La consultation des 310 000 parrains en ligne de la candidature de Jean-Luc Mélenchon s'est achevée samedi 16 avril à 20 heures. Elle était précédée par un mot de l'ex-candidat de la gauche radicale : le second tour "se dénouera au mépris de nos répulsions les plus fondamentales. Une présidence sans autorité morale en sortira", y confie le tribun. Mais, ajoute-t-il, les deux finalistes "ne sont pas équivalents. Marine Le Pen ajoute au projet de maltraitance sociale qu'elle partage avec Emmanuel Macron un ferment dangereux d'exclusion ethnique et religieuse". "C'est pourquoi j'ai dit et je répète que pas une voix ne devrait se porter sur la candidate d'extrême droite", écrit Jean-Luc Mélenchon.

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Le candidat explique pourquoi il procède ainsi, alors que ses électeurs sont divisés sur le vote de second tour, selon certaines études : "Ne donnons pas à ce duo le gain de nous opposer entre nous à leur propos alors que nous sommes si fortement unis sur nos projets. La cohésion de l'Union Populaire est notre bien le plus cher."

Il avait déjà consulté ses soutiens en 2017, quand il avait terminé quatrième de l'élection présidentielle avec 19,58% des voix, avec la même exception : "Pas une voix à l'extrême droite". La consultation avait également abouti à une majorité courte pour le vote blanc ou nul (36%), juste devant le vote pour Emmanuel Macron (près de 35%), un peu moins d'un tiers restant s'exprimant pour l'abstention.