Alors qu'Emmanuel Macron a déclaré, lors de sa cérémonie d'investiture du samedi 7 mai, que le peuple avait donné "un mandat nouveau à un président nouveau", un sondage Elabe pour L'Express et BFM TV, en partenariat avec SFR, montre que les Français attendent bel et bien du "nouveau" (54%) pour ce second quinquennat, autant sur le fond que sur la forme. Sur le fond, ils sont 50% à souhaiter que le social, et en particulier le pouvoir d'achat, soit au coeur de l'action du président. C'est le cas de la majorité absolue des électorats de Jean-Luc Mélenchon (70%) et de Marine Le Pen (55%), mais pas de celui d'Emmanuel Macron (41%), qui fait de la croissance économique et de l'emploi sa priorité absolue (54%).
Sur la forme, ils sont à une majorité écrasante (81%) à vouloir que le président s'appuie davantage sur les citoyens pour orienter ses choix et ses actions. C'est le cas de 88% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, de 84% des électeurs de Marine Le Pen et de 76% de ceux d'Emmanuel Macron. Les abstentionnistes espèrent aussi ce changement à 74%. La mise en place de sessions thématiques de "grand débat national" est d'ailleurs jugée utile par 66% des Français.

Les Français sont en majorité désireux d'une nouvelle orientation politique
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Le souhait d'un scrutin à la proportionnelle pour les législatives
Alors que le président de la République dit avoir choisi son futur Premier ministre, 44% des Français n'accordent pas d'importance à l'étiquette politique du prochain chef de gouvernement. Une majorité relative d'électeurs de Marine Le Pen estime que cela n'a pas d'importance (41%) tandis qu'une écrasante majorité de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon souhaite un Premier ministre issu de la gauche. Qu'il ait une expérience professionnelle en dehors de la politique compte pour 64% des Français, tandis que seulement 23% des sondés estiment qu'une expérience ministérielle serait un atout.
Une défiance envers le monde politique traditionnel que l'on retrouve également dans l'envie générale d'un renouveau démocratique. Trois Français sur quatre défendent la reconnaissance du vote blanc et souhaitent la mise en place de la proportionnelle pour les élections législatives. Une courte majorité (55%) plaide même pour la rédaction et l'adoption d'une nouvelle Constitution afin d'améliorer le fonctionnement de la démocratie.
