Dans la majorité, les mots diffèrent pour qualifier le quinquennat qui vient et la montée progressive des ambitions. "La course de petits chevaux commence dès le 25 avril", disaient beaucoup ; "Ça va être une boucherie", soufflaient certains...

Toujours est-il qu'Emmanuel Macron, qui ne peut pas se représenter en 2027, sera probablement à la tête d'un camp plus composite que ces cinq dernières années... et donc moins malléable. Petit tour d'horizon de ceux qui pourraient avoir la fâcheuse tendance de lui rendre la tâche plus difficile encore...

LIRE AUSSI : Emmanuel Macron réélu : et son Premier ministre sera...

Edouard Philippe, Horizons

La relation entre Edouard Philippe et Emmanuel Macron était déjà pour le moins fluctuante lorsqu'ils avaient tous deux intérêt à ce que ce dernier soit réélu, alors imaginez les cinq prochaines années. L'ex-Premier ministre ne cache pas son envie de succéder au chef de l'Etat - qui ne pourra pas se représenter -, raison pour laquelle il compte bien peser de tout son poids et de tout son long sur ce second mandat. Avec son parti, Horizons, et le groupe parlementaire qu'il compte avoir à l'Assemblée nationale, Philippe construira sa lance de rampement pour 2027, à coups de petites phrases ambiguës, comme il sait si bien le faire, et de propositions visant à réaffirmer son positionnement politique. Qui sait combien de temps lui et ses troupes resteront dociles au sein de la majorité ?

LIRE AUSSI : La soirée de Macron côté coulisses : ce que vous n'avez pas vu à la télévision

François Bayrou, Mouvement démocrate

"S'il faut ouvrir des conflits, j'ouvrirai des conflits, c'est le sel de la vie démocratique, non ?", glissa un jour François Bayrou. Le président du Mouvement démocrate aime sa liberté, elle est pour lui un bien inestimable... et l'allié historique d'Emmanuel Macron aime le rappeler. Rompu au noble exercice politique du coup de pression lorsqu'il sent sa formation spoliée, il a fait valoir ses intentions à de nombreuses reprises au cours du précédent quinquennat, notamment lors du remaniement ministériel installant Jean Castex à Matignon. La présence du parti d'Edouard Philippe Horizons dans la future majorité, ainsi que celle de plusieurs membres des Républicains ralliés, fait craindre au maire de Pau une baisse d'influence pour les cinq prochaines années. Comme le dit un ministre : "Il fera toujours tout pour protéger sa boutique."

LIRE AUSSI : Emmanuel Macron réélu : après le soulagement, message à la France qui gagne

Nicolas Sarkozy, Les Républicains

Depuis cinq ans, ils dansent un tango étrange, mêlant une forme de séduction mutuelle et, bien sûr, une méfiance de tous les instants. Les animaux politiques de cette trempe ne fonctionnent que comme cela. En ne soutenant pas Valérie Pécresse avant le premier tour, Nicolas Sarkozy a certifié un nouveau rapprochement avec Emmanuel Macron et compte bien mettre un deuxième orteil, voire un troisième, peut-être un pied entier, dans la gestion du futur quinquennat. Même s'il est officiellement retraité de la vie politique, l'ex-président, qui n'aime rien tant que son influence sur le cours des choses, est à la manoeuvre pour faire entrer plusieurs dizaines de parlementaires LR dans la majorité. Qui peut croire qu'il ne les utilisera pas ? L'élargissement, oui, mais gare à ce qu'il ne soit pas à double tranchant...

La gauche...

LIRE AUSSI : Emmanuel Macron réélu : son plan secret, les législatives... Ce qu'il a vraiment en tête

Si, comme le dit l'un des piliers du gouvernement, la vie française se structure désormais autour de trois pôles, alors Emmanuel Macron aura intérêt à surveiller sa gauche. Mieux, à ne pas la sous-estimer. Depuis cinq ans, elle considère dans son ensemble qu'il a gouverné trop à droite et estimera, une nouvelle fois, qu'il a remporté la présidentielle grâce à elle. Puisque le président réélu s'est fait le héraut du pouvoir d'achat et de la planification écologique - thème cher à Jean-Luc Mélenchon - entre les deux tours, elle surveillera chaque mesure, chaque mouvement de cils, pour être certaine qu'il s'agira bien des deux mamelles de son quinquennat. Sans compter que dans une majorité s'ouvrant majoritairement vers la droite, ce n'est pas seulement de La France insoumise, des Verts ou du PS qu'il faudra se méfier... mais de sa propre aile gauche !